À chacun son lieu de prédilection. Martine Aubry l'a joué « populaire » dans une salle d'Aubervilliers, ville où la motion Delanoë (65 %) ne lui avait laissé que 5,5 % le 6 novembre !
Ségolène Royal avait choisi le gymnase parisien Japy, lieu d'un de ses meetings présidentiels les plus marquants.
Benoît Hamon, candidat de la gauche du parti et du changement de génération avait choisi sa Bretagne natale pour conclure sa campagne de rajeunissement des cadres.
Un peu avant sa réunion parisienne, Ségolène Royal a reçu les représentants de la presse régionale dans son QG du boulevard Raspail. Pour dire évidemment sa « grande sérénité » à la veille du scrutin. « C'est le vote des militants qui va reconstruire l'unité du parti », veut-elle croire. Plus que le choix entre deux lignes politiques - « Sur le fond, il n'y a pas de divergences », assure-t-elle -, les militants devront trancher ce soir pour leur parti entre « le statu quo et une transformation ».
Transformation qu'elle incarne, bien sûr, jusqu'à lancer ce nouveau pavé dans la vitrine de la rue de Solférino : « Pas question de changer de nom, mais d'adresse pourquoi pas ? » À Reims, la tonalité de son discours a été raillé par ses adversaires : « Pourquoi, quand c'est moi qui parle de fraternité, tout le monde s'esclaffe, et quand c'est Obama, tout le monde applaudit ? » Si elle l'emporte, Ségolène Royal promet : « On ira chercher les talents dans les autres motions ». Mais quand elle affirme que dans sa tête « le premier secrétaire n'est pas le candidat naturel pour la présidentielle », on a plus de mal à la croire. N'a-t-elle pas bâti toute sa stratégie pour 2012 sur le contrôle du parti qui lui a tant manqué l'année dernière ?
« Retrouver le socialisme »
Hier soir, Martine Aubry a tenu à Aubervilliers son seul et dernier meeting en qualité de candidate ! Dans la salle de la fraternité - tout un programme -, la présence au premier rang de Laurent Fabius, de la jospiniste Elisabeth Guigou, du strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadelis et du rocardien Jean-Paul Huchon symbolisait l'alliance autour de la maire de Lille des courants hier opposés, à défaut du renouvellement.
Un car de militants du Nord avait fait le déplacement pour l'occasion en Seine-Saint-Denis.
Après son réquisitoire contre la politique de Nicolas Sarkozy, la candidate a promis aux militants « un Parti socialiste fort qui sera dans le combat, dans la rue ». Avec les enseignants aujour- d'hui, demain avec d'autres mécontents.
« Dès lundi nous serons sur le pont pour dire à Nicolas Sarkozy non, ce n'est pas possible. Voilà nos propositions ! » Alors que Ségolène Royal minimise les divergences sur le fond, Martine Aubry les amplifie : « Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé politique, qu'on n'avait pas parlé de nos valeurs. Deux lignes se sont reconnues. Il faut respecter chacune. » Face à Ségolène Royal et à Benoît Hamon, Martine Aubry se présente elle aussi en candidate du renouvellement : « Il va falloir ouvrir les portes et les fenêtres. Je prend l'engagement de mettre en place des équipes renouvelées avec une totale mixité, avec une représentation de tous les territoires et de toutes les cultures. » Aux thèmes de campagne de Ségolène Royal - prix des cotisations, alliance avec le centre - Martine Aubry a opposé hier : « Le plus important c'est quand même de retrouver le socialisme ».




