PAR PHILIPPE LEROUX
lambersart@lavoixdunord.fr Julienas, Saint-Amour, Moulin-à-Vent, Chénas... De grands beaujolais, comme le savent les connaisseurs. C'est en plein coeur de ce secteur que se situe une exploitation vinicole dont le patron est de chez nous. Henry Lemahieu est le fondateur de l'entreprise textile qui porte son nom et qui est implantée à Saint-André. C'était il y a soixante ans. Quel rapport avec le raisin ? Le fait qu'un jour il prit sa retraite et se mit rapidement à s'ennuyer ferme... jusqu'à ce coup de coeur pour les vignobles. Et comme il se trouve que son épouse était originaire du Beaujolais...
En 1999, une occasion se présenta : le Château de Bel Avenir, appartenant à des Suisses. Douze hectares sur le territoire de la commune de La-Chapelle-de-Guinchay, près de Mâcon, dans la partie bourguignonne du Beaujolais. Il y avait du travail en perspective : il fallait restaurer les bâtiments, et aussi remettre le vignoble en état. Aujourd'hui, Henry Lemahieu est à la tête d'un domaine moderne, après, sur ce point, un investissement à peu près aussi élevé que celui réalisé pour acheter le domaine. Au fait, quelle somme ? Henry Lemahieu reste discret à ce sujet.
La production se répartit en cinq vins : quatre Beaujolais Villages (rouge vieilli en fût de chêne, rouge, rouge primeur et rosé), un bourgogne blanc.
L'ensemble résulte de la diversification qui a été entreprise : au départ, il n'y avait que du rouge villages. Elle a notamment conduit à arracher du cépage de gamay, utilisé pour les rouges et rosé, pour planter du chardonnay : « C'est le cépage idéal. On ne bricole pas du blanc avec du gamay, ce n'est pas sérieux. » Bigre, le Nordiste a du métier...
Actuellement, le chardonnay compte pour un hectare (sur les douze du domaine). L'objectif est de passer à trois hectares, à raison d'un demi-hectare par an : c'est que, après une plantation, il faut quatre ans pour la première récolte ; il faut donc y aller progressivement. Quant à l'idée de produire du blanc, ce n'est pas seulement une affaire de goût : « Il ne sert à rien de faire de la surproduction invendable. » Pour l'essentiel, la production du Château de Bel Avenir (c'est le nom d'un terroir) part en « vrac », chez les négociants. Le reste, c'est pour la mise en bouteille, qui constitue 10 % du total de ladite production.
> http://www.chateaubelavenir.fr



