PAR M.-.C. NICODÈME
lambersart@lavoixdunord.fr Philippe Fatras, directeur de cabinet du recteur de Lille, ne peut que l'admettre : « On n'avait pas connu une telle violence dans notre académie. Céline Marcot a clairement été frappée. L'adulte est encore très respecté dans les écoles. La victime est quasiment systématiquement un autre élève. On s'en prend rarement intentionnellement à un enseignant. L'an dernier, des professeurs avaient pris des coups parce qu'ils séparaient des jeunes qui se bagarraient. Par contre, dans le premier degré, les équipes pédagogiques nous font remonter l'agressivité de certains parents. » Le rectorat de Lille a, de suite, diligenté une enquête administrative, mise en place systématiquement dans ce type de situation : « Normalement, un ou deux inspecteurs se rendent dans l'établissement scolaire pour rencontrer les témoins, les victimes... afin de déterminer les faits », explique le directeur de cabinet.
Compte tenu de la gravité des faits, l'inspecteur d'Académie a cédé sa place au... directeur des services départementaux de l'Éducation nationale, à l'époque Michel Soussan.
Comme le lycée loossois est un établissement privé, ce dernier a collaboré avec le directeur diocésain de l'enseignement catholique, Pierre-Marie Deleersnyder : « Nous n'avons pas mené une enquête de police. En aucun cas, nous ne sommes substitués à des policiers, à un procureur.
L'enquête est interne à nos établissements. Pour moi, cette histoire est close. Ce sujet est tellement brûlant ! » L'enquête avait été remise rapidement après les faits au ministère de l'Éducation nationale qui continue de suivre de près la situation de Céline Marcot.
Son agression a bien évidemment été prise en compte par le monde politique. Dès le lendemain de cette déferlante de violence, Xavier Darcos s'était rendu au domicile de la jeune femme, en hélicoptère. Le chef de l'État l'avait ensuite rencontrée avant d'exiger lors d'une interview télévisée de lever le voile sur cette affaire.
Les conclusions de l'enquête n'incriminent pas le lycée : « Ils n'ont pas commis de dysfonctionnements graves mais il y a eu des erreurs d'appréciation de la dangerosité du jeune homme. » La professeure de français reste, en tout cas, ferme sur la responsabilité de l'établissement (*) : « Le jour de mon agression, après une première altercation avec cet élève de seconde, j'avais demandé à la direction, par courrier, qu'une sanction soit aussitôt posée. J'avais également exigé au conseiller principal d'Éducation que ce jeune ne revienne pas en cours. Cela n'a pas été fait. J'ai refusé qu'il suive mon cours. Vous connaissez la suite... »
> (*) La direction du lycée Saint-Vincent-de-Paul a été contactée en vain.



