PROPOS RECUEILLIS PAR GILLES CONTRAIRE
lambersart@lavoixdunord.fr > Comment vous êtes-vous retrouvés sur la liste de Daniel Rondelaere ?
- Mohamed Kidari : « En fait il faut savoir qu'avant les municipales, j'étais déjà un militant social, je suis président du club de foot des Oliveaux. J'ai aussi été président d'une asso tournée vers la solidarité. » - Mohamed Mansour : « À la base, on est des partisans de gauche. Finalement, il y a eu un côté naturel. J'étais fort impliqué dans la vie culturelle, j'avais un rôle de proximité dans le quartier avec les 16-25 ans. Tous les deux, on habite le même bâtiment, on a toujours évolué aux Oliveaux. » > Quelle a été votre réaction quand on vous a contactés ?
- M. K. : « Qu'il fallait déterminer si c'était pour être élu ou non. Je ne voulais pas être "l'arabe de service". Je leur ai dit : "si j'intègre cette liste, c'est pour être utile, pour être élu" ».
- M. M. : « J'ai aussi pris des précautions. On s'est vu avec Daniel Rondelaere, j'ai été franc. Mais c'est vrai qu'être le "beur de service", on y pense, c'est la crainte. On avait plus à perdre qu'à gagner par rapport aux jeunes du quartier si ça avait été le cas. » > Ça a bien réagi dans le quartier ?
- M. K. : « On m'a dit : "qu'est qu'on t'a proposé ?..." ». Mohamed Mansour le coupe : « ça reste une futilité. On savait que le fait d'apparaître sur une liste allait susciter des commentaires. On est jeunes, on est issus de l'immigration... Après, la question c'est surtout de savoir pourquoi on a accepté. » > Alors, pourquoi ?
- M. M. : « Les Oliveaux, c'est un tiers de la population de Loos. Sans prétention, plus de 80 % des habitants du quartier me connaissent. À travers notre expérience et le milieu dont on est issus, on peut avoir un impact sur les jeunes. Avec les élus, par exemple, on a fait un travail de groupe sur l'amélioration du quotidien des jeunes. Je me suis posé la question de l'intérêt de la politique. Est-ce qu'on peut faire évoluer les choses ? La question, c'est l'utilité. Franchement, pour l'instant on nous rend bien la pareille. En fait, on reflète le mode de vie d'un quartier pas forcément connu de tous les Loossois. C'est touchant. » - M. K. : « J'ai toujours agi. J'ai une expérience, je me suis dit que j'avais une valeur ajoutée. C'est vrai que tout le monde nous connaît aux Oliveaux.
C'est ça le truc. Le seul moyen d'éveiller les gens et de faire bouger les choses, c'est de s'investir en politique. On va aux réunions, on propose, on participe au débat. On ne sert pas à rien. »



