« On sait tous que les votes expatriés ne sont comptés que s'il y a un petit écart entre les candidats. » Alors autant dire que Barbara Dewavrin veille depuis huit ans à remplir son devoir civique. « Je ne veux pas que la situation de 2000 se reproduise. » Difficile pour la traductrice indépendante d'oublier la victoire à l'arraché de George W. Bush face à Al Gore. « Le système américain n'est pas démocratique. Au final, plus de personnes avaient voté pour Gore. Chacun devrait, comme en France, voter pour un candidat. Ce serait plus juste et plus simple. » Confiante, la jeune femme de 40 ans, née à New York, l'est pour cette élection : « Si on se fie aux statistiques, Barack Obama sera élu.
J'aurais préféré voir revenir la politique de Bill Clinton mais je ne me suis pas retrouvée dans les discours de son épouse. Le point faible d'Obama est son manque d'expérience. » Et ce n'est pas sa seule inquiétude : « Je crains davantage un attentat à son encontre. Il y a tellement de radicaux dans le pays. » La campagne américaine, la mère de famille l'a suivie sur les chaînes américaines et françaises : « En France, c'était dur de se faire une opinion. Les discours sont trop résumés. Les traductions trop raccourcies », confie Barbara Dewavrin, qui a rempli son « absentee ballot » envoyée par l'ambassade des États-Unis à la fin de l'été. « C'était assez compliqué. Après, il a fallu voter pour le sénateur de New-York et son représentant. J'ai dû me renseigner sur internet. Je n'en avais pas la moindre idée. »
M.-.C. NICODÈME



