D'entrée, Jean-Denis Clabaut impressionne. Un métier, professeur d'école, une famille de trois enfants... Et tout à coup, voilà que s'additionnent une maîtrise d'archéologie médiévale sur les « caves médiévales de Douai », l'étude des sous-sols lillois, un poste de secrétaire à l'association Renaissance du Lille Ancien, une voracité pour les revues scientifiques et enfin, l'amour de l'écriture. Un parcours que chacun d'entre nous peut envier.
Mais l'homme est simple et inspire l'admiration. La soif d'apprendre et de connaître toujours plus, Jean-Denis Clabaut l'a reçue dès son enfance, de sa famille et plus particulièrement de sa grand-mère. Nordiste et attaché à ses racines, cet érudit d'histoire s'est plongé, depuis quelques années, dans l'écriture de romans historiques. « Une façon ludique de transmettre l'histoire des monuments », dit-il.
Le débat de cette soirée porte sur son dernier roman paru chez France-Empire, L'Indigène. Dans ce livre, l'auteur fait resurgir le passé, celui de la guerre 14-18 et raconte l'enrôlement des tirailleurs sénégalais, « nettoyeurs de tranchées ». En ces moments du 90 e anniversaire de l'Armistice, cette conférence pose les questions souvent dérangeantes sur la vanité des États et amène l'auditoire à mesurer toutes les vertus du doute. Extrait du livre : « La civilisation l'avait pourtant rattrapé et ce train, qui était la marque d'acier de la France dans cette région de l'Afrique, le ramenait irrémédiablement vers l'Europe fastueuse, bourgeoise et ouvrière, qui venait d'inventer la guerre industrielle où les hommes mouraient à la chaîne. » La capacité de travail de M. Clabaut ont interpellé le public et les questions n'ont pas manqué : « Quel est l'élément déclencheur d'une histoire ? », « Où puisez-vous vos sources historiques, comment procédez-vous pour écrire, quels sont les moments propices ? », « Quels sont vos projets ? » , etc. MARIE-FRANCE LUCIEZ (correspondante locale)



