PAR PHILIPPE LEROUX
lambersart@lavoixdunord.fr Ciel menaçant, quelques gouttes qui commencent à dégringoler, avant ce qui tient d'une ondée plutôt perçante... Hier, ce 90e anniversaire de l'armistice de 1918 aura connu un temps désagréable. Rien à voir avec ce qu'endurèrent les soldats de la Grande Guerre, pouvait-on songer. C'est sans doute aussi ce que se disaient deux Marcquois présents à la cérémonie, Maurice Marchelle, fils de Poilu, ou Maurice Danis (1), petit-fils d'un soldat tué en 1915. Enfin, eux et pas mal de gens : à l'heure des allocutions, celle de Bernard Gérard, maire de Marcq, celle de Jean-Claude Serlooten pour l'UNC, tout le monde pensait à ce qu'a été l'horreur des tranchées et à l'épouvante qui a régné à l'époque.
De part et d'autre du mémorial de l'avenue Foch et vêtus de leur uniforme, les stagiaires de la Préparation militaire marine de Lille avaient pris place.
Ces jeunes - des garçons et des filles âgés de 16 à 21 ans - sont à la découverte du milieu militaire en général, du milieu de la Marine nationale en particulier. Ils y consacrent une vingtaine de samedis, d'octobre à avril et, en avril justement, passeront une semaine à Brest ou Toulon. Après, certains feront le choix de s'engager ou non, explique le lieutenant de vaisseau Jean-Jacques Rousseau.
Depuis les rangs des écoliers, venus très nombreux hier matin, leur présence attire fortement les regards. Ils sont d'ailleurs nombreux, les écoliers, constituant au demeurant une bonne partie de l'assistance.
Parmi eux, la petite Céline Cuvelier, 9 ans, a en mains le document qu'elle va bientôt lire à l'assistance. Cette élève de l'école Saint-Joseph est la lauréate marcquoise d'un concours lancé par l'UNC (Union nationale des combattants) sur le thème de la Grande Guerre. Elle a imaginé un récit écrit par un Poilu après quatre ans passés dans les tranchées. Le moment est venu, la voici à la tribune, dressée sur la pointe des pieds pour atteindre le micro, la voix assurée : « Je rentre chez moi. J'ai 23 ans. Je m'appelle Henri Wattel. Je suis fatigué, fourbu, vidé, épuisé. J'ai de la boue partout, ma barbe a poussé, je ne suis plus pareil... » Élus, représentants d'associations d'anciens combattants et autres participants à la cérémonie écoutent sans mot dire. Saisissant, poignant même, il est vrai.
> (1) Maurice Danis a réalisé une exposition sur la Grande Guerre. Elle est visible à la galerie de l'hôtel de ville, aux heures d'ouverture de la mairie.



