PAR PASCAL BUTSTRAEN
lambersart@lavoixdunord.fr Ouverte hier à 14 h, l'audience de la cour d'assises a essentiellement permis de détailler les circonstances du drame qui a coûté la vie à Jean-Michel François, 42 ans. Les coups de couteau ne sont pas le résultat d'une simple querelle avinée, mais d'une situation devenue invivable.
L'alcool a joué un grand rôle (2,45 g par litre de sang chez la victime). « On buvait tranquillement » confiait Dominique Khoualed à la cour. Pour préciser aussitôt : « Je n'arrive pas à me souvenir comment ça a commencé ».
Il se rappelle pourtant de l'arrivée de sa soeur Valérie, qui rentrait de son travail (en CAT), vers 20 h 30. De sa colère de voir les deux hommes avec leur bouteille de whisky, avant qu'elle ne s'isole dans la cuisine. Mais ensuite, « pourquoi exactement on s'est disputés ? » « Jean-Michel s'est mis à m'insulter, me traiter de gros fainéant, d'handicapé qui porte des couches... » Hors de lui, Dominique Khoualed se serait alors précipité dans la cuisine, chercher deux couteaux. Et après, il n'a le souvenir que d'un seul coup porté, alors qu'il y en a eu deux. Le premier sectionnant en partie le poignet et l'artère qui alimente la main, l'autre, moins spectaculaire mais mortel, a transpercé le coeur. Valérie Khoualed déclarera n'avoir vu que l'agitation, du sang gicler sur les murs. Est-ce à ce moment-là qu'elle a appelé Régine, la meilleure amie du couple ? Sans doute avant, puisque celle-ci a eu le temps de croiser Dominique Khoualed qui s'enfuyait. C'est elle qui a appelé les pompiers, à qui dans un premier temps Valérie Khoualed a dit qu'elle était la responsable du drame.
Régine, elle, ne se remet toujours pas « de rien n'avoir pu faire pour sauver Jean-Michel François ». Elle considérait Dominique Khoualed comme l'un de ses « propres fils car il a toujours manqué d'amour maternel » elle ne comprend pas. « Il était gentil serviable, toujours partant pour le club de rugby (de Marquette), où il entraînait les petits. Et quand il lui arrivait de boire, lors d'une troisième mi-temps, il s'endormait tout de suite ».
La violence de la dispute viendrait plutôt du fait que Dominique Khoualed vivait chez sa soeur et son beau-frère depuis presque 5 ans. « Dominique était beaucoup plus handicapé (que moi). Je suis sa grande soeur. Il ne trouvait pas de travail, il était à la rue, mes parents ne voulaient plus de lui, je devais être là. » se défendait Valérie Khoualed, avant d'admettre que son couple ne marchait plus : « J'avais demandé une aide juridictionnelle, pour la séparation ».



