C'est particulièrement rare : les jurés convoqués pour cette session de la cour d'assises de Douai auront à juger deux affaires ayant eu pour cadre la ville de Marcq. Après l'affaire Khoualed, jugée actuellement (lire ci-dessus et en page 11), trois jeunes gens, dont deux étaient mineurs au moment des faits, auront en effet à répondre, la semaine prochaine, de vol et violence avec arme. En cause, un home-jacking commis à Marcq-en-Baroeul le 5 mars 2007, en soirée.
Comment se fait-il qu'une affaire de ce type se retrouve devant une cour d'assises ? Parce que plusieurs circonstances aggravantes ont été retenues par le juge d'instruction, notamment le fait que le vol a eu lieu en réunion et qu'il y a eu séquestration de la victime.
Ce 5 mars 2007, vers 22 h, un Marcquois d'une cinquantaine d'années, directeur d'une concession automobile de la métropole lilloise, est à son domicile, seul (son épouse et ses enfants sont en vacances). On sonne à la porte. L'homme ouvre et est violemment agressé par trois individus, encagoulés et gantés. Jet de bombe lacrymogène, coups de poings. Un couteau est même utilisé, qui blessera très sérieusement le propriétaire des lieux à un doigt.
Ce dernier est finalement menotté à un radiateur. Pendant environ 45 minutes, les trois voleurs « dévalisent » la maison, emportant notamment des armes de collection appartenant à la famille de la victime depuis plusieurs générations. Ils récupèrent également les clés de sa voiture (une Peugeot 607) et s'enfuient avec celle-ci. Ainsi que sa carte bancaire.
Par chance, après leur départ, un voisin entend les cris de la victime, toujours menotté au radiateur et sérieusement blessé (notamment au crâne). Police et pompiers de Marcq arrivent sur les lieux. Transfert à l'hôpital. Depuis, plusieurs interventions au doigt blessé par le couteau ont été réalisées à SOS Mains, à Lesquin.
Quant aux auteurs des faits, ils se sont fait prendre quelques heures plus tard dans un magasin d'Euralille, en essayant d'acheter des vêtements avec la carte bancaire et les chèques volés à Marcq. Une partie des armes a ensuite été retrouvée dans un garage de Lille-Sud.
Les trois jours d'audience devraient permettre d'expliquer pourquoi ces jeunes gens, connus des services de police pour des affaires bien moins importantes, se sont livrés à un tel déchaînement de violence ce soir-là.
B. D.
> Les trois jours d'audience se tiendront à huis clos.



