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    Sarkozy, an I : la santé et l'international

    jeudi 22.05.2008, 14:06 - PAR CHANTAL DAVI, Endireplus@lavoixdunord.f, PHOTOS GUY DROLLET ET AFP

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    La politique de santé est guidée par le souci de maîtrise des dépenses. Franchise médicale, déremboursements, regroupement des hôpitaux... Une nouvelle ère commence.

    « Pour moi, la santé n'est pas un coût, c'est un investissement. (...) Tout euro dépensé dans la santé doit être un euro utile, qui serve à guérir ou à soulager la souffrance. » Nicolas Sarkozy, en campagne, exprime clairement qu'il n'a pas l'intention de creuser le trou de la sécu.

    Le patient-client est donc contraint à des dépenses supplémentaires pour se soigner. Premières victimes : les 20 % de Français qui n'ont pas de mutuelle.

    > Plan Alzheimer. Dès son installation, le gouvernement crée une franchise médicale qui doit générer 850 millions d'euros par an. La moitié servira à financer le troisième plan Alzheimer, chiffré à 1,5 milliards d'euros sur cinq ans. Il se veut plus ambitieux que les précédents.

    > Soins palliatifs. Le 22 mai, à l'hôpital maritime de Zuydcoote, le nouveau président de la République promet de doubler les moyens pour les soins palliatifs.
    Un an après, le Dr Henri Delbecque, responsable de la Coordination régionale pour l'accompagnement et les soins palliatifs note que, dans la région, « il y a davantage de lits identifiés en soins palliatifs dans les services hospitaliers qui ont un nombre élevé de malades en fin de vie : 280 lits contre 70 auparavant. Trois nouvelles Unités de soins palliatifs (USP) ont été créées par les cliniques privées à Valenciennes, Arras et Béthune et une nouvelle équipe mobile (EMSP) au centre hospitalier d'Arras. » Mais, ajoute-t-il : « Il persiste de fortes inégalités entre la Côte d'Opale et l'Avesnois par rapport à la Métropole, ainsi qu'entre les équipes soignantes d'USP et d'EMSP. Des équipes sous dotées en effectifs. » De même, les réseaux permettant le maintien à domicile des personnes en fin de vie manquent de moyens financiers. Neuf réseaux agréés fonctionnent mais sans médecin référent comme prévu par la circulaire. Trois réseaux dans les secteurs de Boulogne-Montreuil, Saint-Omer et Douai ne peuvent pas être financés alors que les dossiers sont validés par la Mission régionale de santé.

    > La prévention. Pour lutter contre l'obésité, les violences conjugales, le tabagisme..., les campagnes d'affichage, spots radio et télé se multiplient.
    Parallèlement, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, souhaite le retrait des publicités pour les produits sucrés pendant les programmes pour enfants à la télé. Et la suppression des bonbons aux caisses des supermarchés. Des projets qui ont du mal à avancer.


    > La santé des jeunes. La vente d'alcool dans les épiceries et supermarchés sera-t-elle bientôt interdite aux mineurs ? C'est le souhait de Roselyne Bachelot qui prévoit aussi l'installation d'éthylomètres dans les bars et discothèques d'ici la fin de l'année.
    À l'automne, le numéro vert fil santé-jeunes (Tél : 0 800 235 236) sera simplifié à quatre chiffres et la gratuité de l'appel, depuis un portable, expérimentée.
    Lors des inscriptions en fac, les étudiants auront la possibilité de payer leur cotisation maladie en plusieurs fois. Et dès l'année prochaine, les 16-25 ans bénéficieront d'une consultation médicale annuelle gratuite (sans avance de frais) chez le généraliste de leur choix, sans autorisation parentale.
    Le plan santé-jeunes prévoit encore le développement des maisons d'adolescents, à l'image de la maison de Solenn à Paris qui prend en charge aussi bien des problèmes physiques que le mal être psychologique. Chaque département devra avoir sa maison en 2010.


    > La réforme de l'hôpital.
    C'est LE chantier du quinquennat, avec la volonté de regrouper les hôpitaux en « communautés hospitalières de territoire ». Il ne s'agit pas de fermer des hôpitaux mais de réorganiser les services de soins dans différents établissements. Un grand hôpital référent conserve l'ensemble des services techniques. Les autres établissements, plus petits, sont des satellites spécialisés dans l'accueil des personnes âgées, des personnes en suite de soins... Les cliniques privées sont incluses dans le processus. Il n'y a pas d'obligation mais des subventions incitatives à la clé.
    Déjà des petites villes souhaitant préserver leurs hôpitaux manifestent.
    Reste à savoir aussi si la réforme de l'hôpital palliera le manque chronique de personnel hospitalier. Un manque qui fait enchaîner heures de présence et tours de garde à une cadence infernale dans la majorité des établissements.

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