La Voix du Nord - Edition WEB du jeudi 17 avril 2008


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DISPARITION
Le poète martiniquais Aimé Césaire est mort

PHOTO AFP

L’homme politique et poète Aimé Césaire, chantre de la négritude, est décédé tôt ce matin au CHU de Fort-de-France. Agé de 94 ans, il était hospitalisé depuis le 9 avril pour des problèmes cardiaques.

L’ensemble de la classe politique salue aujourd’hui celui qui incarnait à lui seul un demi-siècle d’histoire de la Martinique. Sur le plan littéraire, comme sur le plan politique : il aura, toute sa vie durant, mis sa plume au service de ses idées, de l’émancipation des Noirs, de l’anticolonialisme et l’autonomie de la Martinique.

L’Assemblée nationale a rendu hommage, dans la journée à celui qui occupa ses rangs pendant près de 50 ans. Le président de la République Nicolas Sarkozy a de son côté fait part de « sa grande tristesse » et salue « l’humaniste dans lequel se sont reconnus tous ceux qui ont lutté pour l’émancipation des peuples au XXe siècle. »
Selon le ministère de l’Intérieur, des obsèques nationales seront organisées, à une date qui n’est pas encore fixée.

Besoin de rugir

« Il y a chez moi ce besoin de rugir parce que les Antillais, descendants d’esclaves, êtres déchirés, ont été opprimés, dépouillés de notre langue et de notre terre », disait Aimé Césaire en 1993.
Son engagement, il le tenait de ses années d’étudiants. Au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il rencontre un autre futur grand nom de la Négritude, Léopold Sédar Senghor.

C’est au sortir de la le Seconde Guerre mondiale que la fibre politique s’empare de lui, sans plus jamais le lâcher par la suite. Député de la Martinique, maire de Fort-de-France dès 1945, il garde respectivement ces fonctions de jusqu’en 1993 et 2001. Ses premières orientations politiques le portent vers le PCF, proche de ses idées anticolonialistes. Il quitte le parti une dizaine d’années plus tard, en 1956, après la répression soviétique contre les insurgés de Budapest. En 1957, il fonde le Parti progressiste martiniquais (PPM), qui revendique l’existence d’une communauté historique martiniquaise et veut jouer le jeu de la décentralisation. Il le préside jusqu’en 2005.

En attendant ses obsèques, plusieurs jours de cérémonies seront organisés en Martinique.

 

Julien Licourt (Avec AFP)


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