Culture / Le Louvre II à Lens
Edition du Mercredi 01 Decembre 2004
Si des programmes en cours ont été revus en vue de l’installation du Louvre, tout reste à faire Lens se structure autour de ce grand projet
ILS ont osé et ils ont gagné. Les porteurs de la candidature de Lens n’ont fait aucun complexe. Se servant de l’histoire du territoire plutôt que lui tournant le dos, ils ont élaboré un projet, fédéré la population et séduit le gouvernement. Mais aujourd’hui, l’heure du rêve est passée, place aux actes. En 2008 - 2009, un musée ultramoderne abritant une partie des collections du Louvre s’élèvera sur l’ancien carreau de la fosse 9, là même où plusieurs décennies plus tôt trônaient des chevalements.
Mais le Louvre II, ce n’est pas qu’un bâtiment de 17000m² entouré d’un parc de plusieurs hectares. Ce sont des routes, des parkings, de l’accueil… Là-dessus, pour constituer le dossier de candidature, les services de la ville ont beaucoup travaillé déjà. Mais il leur faudra faire plus encore car c’est tout cet environnement que pointent du doigt les détracteurs de la solution lensoise puisque tout est à faire.
Adaptation
À Lens, on l’a compris. Aussi, même sur des programmes anciens, l’option du Louvre a toujours été raccrochée et prise en compte. Dans l’étude du plan local d’urbanisme notamment. Un exemple? La municipalité réfléchit et teste actuellement un nouveau plan de circulation. Première étape: le carrefour du boulevard Basly (la rue principale qui descend en direction de Liévin), l’entrée de ville qui permet d’accéder le plus facilement au site.
Hasard? Difficile de l’imaginer puisque dans le projet, on parle de «carrefour stratégique». Une nouvelle organisation autour de ce dernier est à l’essai depuis plusieurs semaines mais depuis lundi les services techniques de la ville se demandent s’ils ne vont pas devoir revoir leur copie.
Le projet de réaménagement du quartier des gares (routière et SNCF), antérieur à la candidature puisque inscrit au contrat de plan État - Région 2002 - 2006, a lui aussi été raccroché au projet. Et, de fait, adapté. Pour convaincre le gouvernement, les porteurs du dossier devaient apporter la preuve que ce nouveau quartier pouvait se présenter comme la plaque tournante en direction du Louvre. L’étude prévoit ainsi un parvis paysager, une promenade urbaine et un jardin public, un programme tertiaire et hôtelier de 41000m² (dont 14000m² de commerces et hôtels), un pôle d’échanges multimodal, un équipement culturel de 3000m² (l’ancien cinéma Apollo qui relèvera de la compétence de la CommunAupole de Lens- Liévin).
Autant d’infrastructures que les visiteurs du Louvre auront à leur disposition en descendant du train (le TGV Paris - Lens sera direct en 2008). Ceux qui seront stationnés sur le parking du stade Bollaert – des 2500 places, un accès direct au musée sera aménagé – y auront également accès. Ça ne prend que quelques minutes à pied.
Plaque tournante
C’est, en effet, autour de ces gares que s’articuleront tous les mouvements en direction du musée. De là, on pourra s’y rendre à pied ou à vélo sans croiser une voiture; on pourra prendre un bus – le BuLLe, qui relie Lens à Liévin –, en descendre à l’un des deux arrêts prévus pour desservir le Louvre II; on pourra également emprunter la navette urbaine (le Stopbus) qui pourrait selon le programme déposer les visiteurs aux portes du parc.
Reste que pour l’heure, si certains projets – ceux qui ont été élaborés à l’échelle de la ville – sont bien avancés, d’autres ne sont le fruit que des réflexions menées pour réaliser le dossier de candidature. Toutes les études de faisabilité devront être réalisées par la Région, maître d’ouvrage.
En revanche, s’il est un domaine dans lequel les collectivités vont devoir agir, c’est celui de l’accueil. Dans le secteur, il n’existe actuellement que deux hôtels trois étoiles. Trop peu pour accueillir la masse de visiteurs annoncés. Et pour les faire rester, d’autres projets en cours sont également brandis. C’est le cas du pôle d’excellence sportive, construit autour du stade couvert régional de Liévin, et du pôle touristique aussi, développé autour des sites historiques de la Première Guerre mondiale (Vimy, Lorette…). Quand on dit que le Louvre peut redynamiser tout un territoire… Jean-Marc RIVIÈRE
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