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Culture / Le Louvre II à Lens

Edition du Mercredi 01 Decembre 2004

Culture par Nicolas FAUCON Le Louvre II change la mine Cinq cent mille visiteurs attendus à l’horizon 2008 - 2009 à Lens, le Louvre II complétera l’offre culturelle de la région, championne de France de la concentration de musées.


FINIE l’image de parent pauvre de la culture. Lundi, Jean-Pierre Raffarin avait fait spécialement le déplacement à Lens pour l’annoncer : à l’ombre de Bollaert, sur un ex-carreau de fosse, le Louvre II verra le jour. Ouverture programmée en 2008. Quelque 600 oeuvres de notoriété internationale seront visibles. Valenciennes, dans son dossier de candidature, se targuait de pouvoir drainer quelque 500000 visiteurs. Lens a le même objectif.


Le Louvre II va devenir l’un des deux sites culturels les plus visités de la région. Partagera – en attendant mieux? – la palme avec Nausicaà, à Boulogne-sur-Mer, qui a vu, en 2002, plus de 624000 personnes déambuler dans ses murs. Devancera La Piscine de Roubaix, le palais des Beaux-Arts de Lille et le Centre historique minier de Lewarde (CHM), figures indémodables du peloton de tête de la fréquentation touristico-culturelle régionale (voir notre carte).

Aspects périphériques

«C’est une estimation parfaitement réaliste, affirme André Dubuc, directeur du CHM. Je pense même qu’il est possible de faire mieux. Outre la position géographique idéale de Lens, n’oublions pas que les 500 - 600 oeuvres qui seront exposées n’ont pas encore été présentées: elles intéresseront les Parisiens et les visiteurs habituels du Louvre.» La cible semble accessible au président de l’Association des conservateurs de musée du Nord - Pas-de-Calais, Vincent Maliet. «500000 personnes, c’est réaliste, peut-être un peu haut, mais bon... Chaque musée, après une rénovation, attire beaucoup de monde: souvenons-nous de la foule lorsque La Piscine de Roubaix a rouvert… Ensuite, cela retombe ou stagne, généralement.»
Pas démesurée, l’ambition. Sauf que ça se prépare. « Je n’ai aucune crainte quant à la construction du site: dans la région, on est plutôt exemplaire là-dessus, explique André Dubuc. En revanche, il faudra penser aux structures d’accueil: restauration, hébergement, parkings... À Lewarde, nous avons des lacunes dans ce domaine. On est obligé de construire actuellement un deuxième restaurant; il y a aussi, dans le secteur, un manque en chambres d’hôte. Le Louvre bis va attirer nombre de touristes: il faudra pouvoir les accueillir correctement. »

De l’argent
pour tous ?

Certains conservateurs de la région se montrent sceptiques: restera-t-il de l’argent dans les caisses? « C’est une très grande chance pour Lens. Mais nous craignons que la manne financière dégagée pour la construction, la promotion, les actions pédagogiques du futur Louvre ne fasse que certains musées aient du mal à mener à bien leurs projets, annonce Vincent Maliet. Je pense notamment au futur musée de la Dentelle à Calais, au musée d’Art moderne à Dunkerque en phase de renouveau... Espérons que l’État saura aussi s’investir et ne pas laisser seule la Région… »
Richard Martineau, le directeur régional des affaires culturelles, se veut rassurant: «Quand il y a neuf restaurants dans la même rue et que l’un est plein, il reste de la place dans les autres. Avec quarante-cinq musées, la région doit jouer la carte de la complémentarité et du partenariat, le Louvre ayant vocation à entraîner les visiteurs.»
Parce que voilà: le Nord - Pas-de-Calais, avec quarante-cinq musées sur deux départements, est la région française qui concentre le plus de sites au km². Conséquence: les touristes affluent. De plus en plus. De Belgique et de Grande-Bretagne surtout, les étrangers représentant selon le comité régional du tourisme (CRT) plus d’un touriste sur deux dans la région. Onzième sur vingt-deux selon le critère du nombre de nuitées (plus de 42millions) en 2002, le territoire régional a réussi sa mue touristico-culturelle. Lille 2004 venant même d’ajouter une dimension internationale à nos contrées.

Investissement
de la Région

Comment expliquer ce changement d’image? «C’est dû historiquement au fait que la Région a fait de la culture une arme contre la crise économique (selon le CRT, depuis huit ans, le tourisme crée ou conforte chaque année 570 emplois), répond Richard Martineau. Le volet musée est un investissement important dans le cadre des contrats de plan.» En 1996, la Région était avec l’Alsace et Provence - Alpes - Côte d’Azur celle qui dépensait le plus pour la culture. Réalité toujours d’actualité aujourd’hui.
L’épreuve des faits confirme la thèse. De nombreux musées ont, depuis quelques années, bénéficié de travaux de rénovation. À Roubaix, Lille, Tourcoing, Cambrai, Douai, Saint-Omer – l’hôtel Sandelin a rouvert depuis début novembre – et Valenciennes. À Dunkerque, le musée d’Art contemporain, rénové depuis plusieurs années, ouvrira en juin 2005. Le musée de Flandre à Cassel, en cours de restructuration depuis 1996, sera, selon la DRAC, « plus ouvert sur l’art contemporain ». Enfin, la Cité de la dentelle et de la mode à Calais est attendue pour 2007.



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