Culture / Le Louvre à Lens
Edition du Mercredi 26 Janvier 2005
Musée par Bruno VOUTERS Le Louvre sort de son Palais C’est un projet pour tous, résolument novateur, qu’Henri Loyrette et son équipe veulent faire grandir à Lens, sur l’ancienne fosse 9. Rendez-vous au printemps 2009 !
ATTENTION. Ne dites plus Louvre bis ni Louvre 2. Cela agace Henri Loyrette. Pas question de prendre ce grand projet de décentralisation pour une simple « antenne de province » ! Alors, faites vos jeux : ce sera Louvre Lens ou le Louvre à Lens. Comme une union sacrée.
Choix de l’architecte en septembre 2005, fin des travaux pour décembre 2008, inauguration au printemps 2009 : hier, à Paris, devant des spécialistes un peu éberlués, le président-directeur du Louvre a décliné les échéances majeures. Il a surtout souligné que c’est un chantier exemplaire et novateur qui allait s’ouvrir dans le Nord - Pas-de-Calais : « Pour Lens et sa région, c’est une grande chance. Mais pour notre établissement aussi !
Lens doit être un terrain d’expérience en matière de présentation, d’éducation, de politique des publics, de recherche, dont les acquis rejailliront nécessairement sur le Louvre... »
Chantiers
Quand il quitte le musée d’Orsay pour le Louvre, en avril 2001, Henri Loyrette reçoit cette pique amusée de Pierre Rosenberg, son prédécesseur : « Vous allez vous ennuyer : il n’y a plus rien à faire ! » Mais la pyramide, c’est l’arbre qui cache la forêt.
Après l’opération Grand Louvre, que de défis à relever ! Développer l’autonomie du musée, rénover des espaces trop vétustes (Antiquités grecques, étrusques et romaines, objets du XVIIIe), revoir les conditions d’accueil du public (4,5 millions de visiteurs prévus, plus de 6 millions l’an passé !), intégrer le jardin des Tuileries, aménager les réserves (situées en zone inondable), mettre en place le nouveau département des Arts de l’Islam, développer le mécénat, impliquer des créateurs d’aujour-d’hui... Et puis, revoir les présentations : « Nous évoquons des métissages constants et nous gardons farouchement nos limites anciennes qui induisent parfois une véritable balkanisation de nos collections ! »
Le projet lensois a pris place dans ce contexte très chargé.
C’est dire si le président-directeur y tient !
Philosophie. – Si le Louvre s’échappe de son Palais parisien, ce n’est pas pour faire dans la tradition. Bâtiment résolument moderne, expérimentation pédagogique, volonté de démocratisation, réalisation d’expositions transversales...
Budget. – Les coûts d’investissement (75 M€) et de fonctionnement (10 - 12 M€) pris en charge à 60 % par la Région Nord - Pas-de-Calais. Pour les 40 % restants, la moitié par les fonds européens, le reste par le conseil général, la communauté d’agglomération et la commune. Le Louvre apporte son ingénierie scientifique et culturelle, son patrimoine artistique, ses savoir-faire. H. Loyrette et J.
Lang président un comité de pilotage prolongé par un comité de suivi.
Échéances. – Lancement du concours d’architectes dans les semaines qui viennent, limite de réception des candidatures pour le 7 mars à 12 h. Ensuite, mise en compétition de quatre à six équipes (à Paris, on préférerait six, pour une plus grande marge de manoeuvre : le projet est complexe et délicat). Désignation du lauréat à l’automne 2005, lancement du chantier et fin des travaux programmée pour décembre 2008. Planning plus serré qu’il n’en a l’air si l’on tient compte de toutes les données !
Programme. – Elisabeth Delahaye-Taburet, conservateur en chef du patrimoine (département des objets d’art), est chargée du projet scientifique et artistique. Spécialiste de l’orfèvrerie gothique (ce qui lui a donné l’occasion de travailler dans notre région), elle prend déjà sa mission très à coeur. Frappée par l’enthousiasme des élus et de la population locale, elle porte un projet résolument novateur. Si elle veut affiner le principe des expositions thématiques temporaires (deux ou trois ans sur place) elle n’exclut pas, c’est nouveau, la nécessité d’un fonds permanent propre à Lens... À suivre !
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