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Culture / Le Louvre à Lens

Edition du Mardi 27 Septembre 2005

En bref


LA RAISON DU PROJET
Le Louvre a beau être l’un des plus grands musées du monde, il n’offre aux visiteurs qu’une petite partie de ses collections. Des trésors dorment dans des caisses. Proposer qu’une partie de ces réserves soit exposée dans une antenne créée en province en allant vers un nouveau public, c’était l’idée de Jean-Jacques Aillagon, reprise et amendée par son successeur au ministère de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres. Le projet actuel prévoit la présentation de 500 à 600 oeuvres importantes, certaines venant des réserves mais beaucoup d’autres des collections présentées au Louvre. Ce fond sera régulièrement renouvelé, tous les trois ans, pour attirer le public. Des expositions temporaires de quelques mois, pilotées par le Louvre, des « expositions dossiers», un atelier pédagogique compléteront les fonctions du musée.
UN INVESTISSEMENT DE 117 M
Le coût du Louvre-Lens a été fixé à 117millions d’euros pour l’investissement. La règle du jeu était connue dès le départ: l’État ne met pas un sou. La Région, qui a porté dès le début le projet (également brigué par Arras, Valenciennes, Boulogne-sur-Mer, Calais) soutient la candidature lensoise dès lors que ce site, à proximité du stade Bollaert, a été choisi fin novembre2004 par le gouvernement. La Région finance 60% de l’investissement sur quatre ans. Le plan de financement prévoit une participation des fonds européens (FEDER) de 20%. Le conseil général du Pas-de-Calais apporte 10%, la commune de Lens et la communauté d’agglomération 10% également.
UN FONCTIONNEMENT DE 12 M
On retrouve, sans l’Europe, les mêmes partenaires et la même répartition (60% Région, 10% Département, 10% commune et communauté d’agglomération) pour des dépenses de fonctionnement estimées, à 12millions d’euros par an. Les ressources propres du musée devraient couvrir 20% des dépenses.
UNE OUVERTURE EN 2009
Depuis le choix du site lensois à l’automne 2004, les épisodes se sont succédé à un rythme soutenu dans le grand feuilleton du Louvre. En mars dernier, plus de 120 cabinets d’architectes du monde entier ont répondu à l’appel d’offres international lancé par le conseil régional. En mai, la situation se décantait avec six projets retenus pour le concours final. Ils n’étaient plus que trois la semaine dernière. Le choix du projet définitif va entraîner fin 2005 - début 2006 le lancement des appels d’offres, la poursuite des aménagements fonciers aux abords du site de 20 hectares. Le lancement du chantier est prévu début 2007, la fin des travaux en décembre2008 et l’ouverture au public début 2009.
AU MOINS 500000 VISITEURS PAR AN
Combien de visiteurs fréquenteront le futur Louvre-Lens? L’objectif consiste à accueillir au moins 500000 personnes par an. On cite même ici et là le chiffre de 700000 avec les retombées que l’on imagine sur le commerce lensois. Quant au personnel permanent du musée, il devrait comporter environ 120 salariés selon Régis Cailleau (photo ci-dessous), chef de projet et «Monsieur Louvre» au conseil régional.

GUY DELCOURT ET LE PROJET AMENDABLE
Guy Delcourt, maire de Lens, veut désormais mettre tous les partenaires autour de la table afin d’amender le projet Sanaa. Son souhait est de faire coller au mieux les exigences liées à l’intégration du musée dans la ville. Il souhaite apporter des changements, notamment en ce qui concerne l’accès principal lensois sur le site lui-même: «Manifestement, le projet japonais autorise à tout dans ce domaine, c’est un réel atout.
» Autre vérité qu’il souhaitait réaffirmer, celle de l’avenir de la cité des Camus voisine: «Le projet Sanaa n’implique absolument aucune destruction d’habitations dans la cité voisine, il faut le réaffirmer haut et fort.»



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