Culture / Le Louvre à Lens
Edition du Mercredi 12 avril 2006
Les nouvelles impulsions du Louvre-Lens
À quelques semaines, quelques jours… de la présentation officielle de l’avant-projet sommaire travaux qui définira le contenu du Louvre-Lens, l’ensemble des partenaires, sans exception, s’est retrouvé, hier matin, à Paris. Y compris Kazuyo Sejima! L’architecte dont le projet a été retenu le 26septembre dernier, est une femme discrète. Quelques mots à peine lui ont suffi pour décrire la teneur de son travail. Devant la boulimie d’informations des acteurs du projet lensois, Tim Culbert est allé plus loin dans le détail. Après tout, c’est l’Américain qui avait amené le «bébé» aux architectes japonais; il est donc le mieux placé pour en parler. Daniel Percheron a compris immédiatement l’intérêt de cette double présence. Le président du conseil régional, les yeux dans les yeux, a demandé à Kazuyo Sejima, «d’écouter davantage les requêtes des élus du bassin minier». Un peu plus tard, il confirmait que l’interlocuteur patenté du conseil régional serait bel et bien Tim Culbert. Autant d’initiatives qui marquent un tournant dans la gestion du dossier. Le point sur lequel tout le monde s’accorde, c’est l’excellence du concept. Henri Loyrette, président directeur du Louvre, l’a rappelé; il considère «le projet comme une clef essentielle pour lire et comprendre le Louvre; l’avenir passe par Lens». Lens… l’outil idéal On imagine toutes les incidences d’autant que le citoyen d’honneur de la ville de Lens (depuis janvier) poursuit beaucoup plus en avant: «Le Louvre-Lens soulignera l’exemplarité du travail entrepris, qui permettra de voir autrement les oeuvres.» Afin de mieux faire partager la portée de son propos, Henri Loyrette a rappelé les paroles de Cézanne – «Le Louvre est un grand livre où on apprend à lire» – et insisté pour qu’il en soit ainsi: «Tout ce que nous pouvons faire doit l’être à Lens.» Le Parisien ne s’est jamais départi de cette ligne directrice! Depuis le mois de janvier, un véritable travail de fourmi a commencé à Paris. Dans les anciens préfabriqués qui ont servi à l’architecte Pei (le père de la Pyramide du Louvre), les conservateurs du musée parisien travaillent en étroite collaboration avec le cabinet Sanaa. Le principe est simple ! Les premiers expliquent aux seconds leurs contraintes. Ils expriment aussi leurs souhaits depuis longtemps formalisés à des spécialistes chargés de leur concocter l’outil idéal… à Lens. Cette étape, invisible, constitue la priorité d’Henri Loyrette. Aujourd’hui, l’impatience des acteurs financiers concerne d’autres problématiques, celles de l’aménagement du territoire. À écouter les spécialistes des grands projets architecturaux, c’est une situation somme toute classique et il ne faut pas s’inquiéter outre mesure. Une fois l’APS (avant-projet sommaire) dévoilé, il sera toujours temps d’avancer. En matière d’accessibilité par exemple, le jeu semble plus ouvert qu’avant. Yves PORTELLI
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