La Voix du Nord - Edition du dimanche 7 octobre 2007
RÉACTION
« L’environnement est d’abord perçu comme un monde parallèle… »
Bruno Villalba est enseignant-chercheur à Sciences Po Lille, spécialisé dans les questions environnementales (1). Son analyse du sondage nous permet de mieux comprendre une relation contradictoire et complexe à notre cadre de vie.
– C’est d’abord ce que vous retenez : la nature serait un monde à part, déconnecté de la vie quotidienne et sociale, de l’univers du travail ou de la sphère familiale. Que voulez-vous dire ?
« Le sondage révèle beaucoup de choses qui n’avaient jamais été publiées. Par exemple, tout le monde a un avis sur l’environnement, ce qui n’était pas acquis il y a encore peu d’années. On met en avant le manque d’informations ou l’information trop technique (la pollution de l’air, les métaux lourds, l’aménagement du littoral…). Ici, c’est une bonne surprise, l’environnement soulève de l’intérêt quel que soit l’âge ou le sexe. Mais il ne s’agit pas du même environnement selon les personnes. À chacun le sien ! Il peut être esthétique. Est-ce que c’est propre, ou sale et malodorant ? (ce qui sent mauvais n’est pas forcément polluant). Surtout, on a visiblement du mal à dissocier l’environnement du social, de la vie de tous les jours. Or, les personnes les plus socialement défavorisées sont celles qui subissent le plus directement les problèmes d’ordre environnemental. En clair, si l’on a conscience des problèmes, on aura toujours – souvent – une bonne raison pour faire de l’environnement un parent pauvre. »
– L’environnement serait-il donc une préoccupation secondaire ?
«
– L’environnement ferait-il les frais d’une priorité offerte au monde du travail dans une grande région sociale ?
«
PROPOS RECUEILLIS PAR YANNICK BOUCHER
1. – developpementdurable.revues.org.









