La Voix du Nord - Edition du dimanche 14 octobre 2007
REPORTAGE
Qui sont les cancres de la classe des pollueurs industriels ?
Les pollueurs n’ont pas toujours payé. Les pollutions industrielles de l’air et de l’eau sont réduites par la perte de quelques fleurons émetteurs et ceux qui restent sont censés faire attention. Surtout ne pas arrêter le progrès !
PAR YANNICK BOUCHER
La région possède un site pollué français recensé sur six, sans imaginer ceux qui restent « potentiellement » pollués et qui n’apparaissent pas dans les registres. Créé par la Région en 1990, l’Établissement public foncier (EPF) a réhabilité la moitié des 10 000 hectares de friches repérés. Plus de 200 sites auront été requalifiés en 15 ans et 10 millions d’arbres plantés, un travail de forçat discret, ingrat, nécessaire.
Le cas des plus grandes friches est réglé avec les Peignage de la Tossée à Tourcoing, Terken ou Lainière de Roubaix, plate-forme de Dourges avec de sympathiques phénols mutagènes et cancérigènes, savonnerie Knox à Escaudain ou anciens sites des Houillères dans ce bassin minier qui compte 3 500 des 5 000 friches traitées. Reste une autre moitié plus difficile, 5 000 hectares de petits bouts de terrain souvent pollués, parfois très délicats à entreprendre. L’EPF possède 130 des 200 terrils de la région et engagera 383 M
De quoi inspirer les Voix navigables de France (VNF-État) qui récupèrent la charge des sédiments toxiques extraits du curage des canaux, autant dire la pollution des autres. VNF dispose de 184 sites de stockage, pour la plupart souillés par les métaux lourds. La palme au site d’Auby près d’Umicore et de Metaleurop : 11 hectares dont 3,5 hyper pollués, un kilo de plomb par m³ le long du sentier qui longe la Deûle. On y passe par derrière, on voit une voiture calcinée. Une pompe arrosait le site pour fixer les poussières au sol. Volée. Comme la barrière côté canal. Au centre, 140 kg de plomb par m³ de terre, venus de la gare d’eau de Courcelles-lès-Lens dont les boues ont été souillées par Metaleurop. Un projet est discuté pour poser de la terre et planter des arbres. Urgence si près des maisons… ?
Sur ces bases, les émissions actuelles sembleraient presque relatives. Les efforts sont réels d’après la DRIRE : – 10 % pour le CO2 en 2006, légère remontée du plomb (1 900 tonnes dans l’air), baisse pour l’eau des pollutions organiques et azotées, les matières en suspension.
Plus de moins
Depuis la fin de Metaleurop, recordman européen du plomb et deuxième du zinc, les regards convergent vers le port dunkerquois, ses géants sidérurgiques et pétrochimiques si près de la plus puissante centrale nucléaire d’Europe. La moitié des poussières émises dans l’air de la région viennent de cette zone. Le Dunkerquois est en tête des infections respiratoires, des cancers des voies hautes dus aux émissions de dioxyde de soufre. « Nous avons divisé par deux en dix ans nos émissions de plomb ou de poussières, et investi 100 M
Personne ne conteste les efforts, contraints ou pas, des industriels travaillant le fer et le coke. Les progrès sont réels, y compris dans l’information sur les rejets. Pendant des années, la Cristallerie d’Arques n’a pas publié ses propres chiffres alors qu’elle était, et reste, l’un des sites les plus dangereux pour l’environnement de la région.
> www.installationsclassees.ecologie.gouv.fr et www.nord-pas-de-calais.drire.gouv.fr.
RÉAGISSEZ !
Vous sentez-vous concerné par la pollution industrielle ?
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