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La Voix du Nord - Edition du mardi 16 octobre 2007


La surchauffe climatique aura-t-elle lieu ?

ÉNERGIES • La région tient sa part de responsabilité dans l’émission de gaz à effet de serre,  dont le fameux CO2 des industries, des transports ou des bâtiments

 Les transports sont responsables d’une bonne partie des émissions de gaz à effet de serre. Peut-on se passer de la voiture?

C’est une question brûlante. La mer va-t-elle monter et nous inonder si rien ne bouge ? La réponse aux suées froides tient à se demander s’il est possible de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Autant dire consommer moins de transport, mieux isoler son logis ou moins rejeter de CO2 si l’on dirige une entreprise.

PAR YANNICK BOUCHER
region@lavoixdunord.fr
PHOTO STEPHANE MORTAGNE

Il faudra bien s’y faire, « si les comportements ne changent pas, lit-on dans le dernier atlas du développement durable édité par le conseil régional, la concentration en CO2 (dioxyde de carbone) serait multipliée par deux en Nord - Pas-de-Calais ». Hervé Pignon va plus loin. Le très actif directeur régional de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) estime que « la moitié de la solution du réchauffement climatique dépend directement du comportement de chacun d’entre nous. L’autre moitié dépend, pour sa part, de l’industrie et du bâtiment ». Les émissions de CO2 représentent les trois quarts des émissions contribuant à l’augmentation de l’effet de serre qui réchauffe la surface de la Terre et fait monter le niveau de la mer par la fonte des glaciers. Et alors ?
Il ne faut pas négliger certains polluants comme les CFC qui émettent mille fois plus de gaz à effet de serre par les pertes de gaz fluorés des systèmes de réfrigération, comme le protoxyde d’azote (N20, libéré par les engrais agricoles) ou le méthane rejeté notamment par nos 682 000 bovins régionaux (ah, les bouses ! Le méthane émet 30 à 40 fois plus de gaz à effet de serre que le CO2…). Notre région expédie surtout dans l’atmosphère et dans l’année près de 45 millions de tonnes de gaz à effet de serre en équivalent C02, soit quasiment le meilleur score depuis quinze ans mais tout de même 9 % des émissions de la France entière, en troisième position derrière l’Île-de-France et Rhône-Alpes.

Le Nord - Pas-de-Calais pèse lourd dans le bilan carbone du pays mais il fait des efforts. « La baisse est de 3 % par rapport à 1990 contre – 1 % en France, explique Bertrand Lafolie, expert en énergies à la direction environnement du conseil régional. Certaines centrales thermiques ont fermé, d’importants efforts sont réalisés dans le traitement des déchets et l’agriculture a relativement moins épandu d’engrais. »
Acier pour la Chine
Aller plus loin ? Difficile de se passer de nos vaches, veaux et cochons. Encore plus difficile de contrôler la pollution diffuse des CFC. Ah si, l’industrie ! Elle est à l’origine de la moitié des rejets de C02 dans la région, contre un peu plus de 20 % en moyenne française. Sur ces 50 % industriels (en stabilité globale), 20 % concernent la seule sidérurgie qui augmente légèrement ses émissions à cause de la demande pressante d’acier de pays comme la Chine ou l’Inde. Ah si, les transports ! Le secteur dérape avec des grimpées de 1,5 % par an ces dernières années même si l’on observe une baisse depuis trois ans (les radars et la hausse du prix de l’essence, c’est bon pour la planète). Là encore, notre région est singulière. La moitié de son trafic est situé en espace urbain (30 % en France) et les trajets sont plus courts et plus gourmands en énergie (un déplacement sur deux fait moins de trois kilomètres, un sur cinq moins d’un kilomètre à cause de la densité urbaine).
Ah si, enfin, l’habitat ! Ce sont 800 000 logements anciens sur un parc immobilier global de 1,4 million de biens se renouvelant moins vite qu’ailleurs. Deux logements sur trois sont anciens, souvent moins isolés que les plus récents. C’est l’habitat qui, après l’industrie, consomme le plus d’énergie et produit le plus de C02. Les mouvements HLM parlent de « passoires énergétiques » et 70 % de la consommation d’un logement relève du chauffage. Si, au vu d’un sondage, les Français ne veulent pas réduire leur vitesse sur les routes, l’isolation d’une charpente est pour sa part amortie en moins de cinq ans... •
 

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