La Voix du Nord - Edition du mardi 16 octobre 2007
La météo ne répond plus !
Les ingénieurs de Météo France s’interrogent, entre le scénario le plus rassurant d’une inévitable montée des eaux maritimes et le scénario le plus « explosif ». Ça va chauffer !
La température du monde a augmenté de 0,74 °C entre 1906 et 2005, faisant déjà monter la mer de 17 cm. En France, la hausse fut de 1°C, provoquant notamment le recul d’un trait de Côte d’Opale aujourd’hui menacé de repli sensible sur plus de 75 % de sa longueur. Le meilleur scénario espère une grimpée du mercure de 1,8 °C à l’horizon 2100, contre un plus fâcheux 4 °C dans le pire des cas officiels (des experts allant bien plus loin).
Pauvre grenouille
C’est du concret : + 1,8 °C fait monter la mer de 18 cm au minimum, + 4 °C la fait monter de 59 cm ! Autant faire la moyenne entre 2,5 et 3 °C, hypothèse retenue par les météorologues, soit une levée comprise entre 30 et 35 cm, fourchettes basses, sachant que ces savants calculs ne prennent pas en compte le cycle carbone, tout ce que la nature rejettera d’elle-même en gaz à effet de serre après les avoir absorbés dans ses forêts ou ses océans (ajoutons ainsi au moins un degré supplémentaire…).
Christian Ravenel est ingénieur à la direction régionale de Météo France à Villeneuve-d’Ascq et avait marqué les esprits en expliquant calmement tout ceci lors d’un colloque État - Région consacré à Lille le 26 septembre aux « territoires face aux défis climatiques et énergétiques ».
Pour le Nord - Pas-de-Calais, dans l’intérieur de ses terres, les scénarios oscillent effectivement entre 2 et 3 °C. « Les choses devraient s’emballer à partir de 2030, dit-il. L’augmentation des températures sera plus forte en été qu’en hiver et il y aura sûrement du champagne dans le Kent… »
Canicule
La pluviométrie a progressé de 10 % dans la région au cours du dernier siècle et le thermomètre va rougir. Prenons les températures supérieures à 35 °C. Zéro pointé à Dunkerque et 0,16 à Lille entre 1971 et 2000, soit un à deux jours concernés en moyenne tous les dix ans. Oui mais nous avons trois jours en 2003 et un en 2006, soit quatre en si peu de temps, avec ce record absolu de 38,4 °C observé à Dunkerque le 19 juillet 2006.
Pour Christian Ravenel, aucun doute, « le réchauffement par effet de serre est passé par là ». Prenons enfin la canicule, soit cinq jours consécutifs où la température maximale est de 5 °C supérieure à la température moyenne de l’ensemble de l’été. Entre 1971 et 2000 en région, un à deux jours de canicule, contre trois minimum en 2030 et entre quinze et trente en 2100…









