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La Voix du Nord - Edition du mardi 16 octobre 2007


DÉCHETS
Le Nord - Pas-de-Calais peut être fier de ses ordures

 Le 6octobre, 350 personnes ont manifesté à Valenciennes contre le « projet toxique» d’Haulchin.

Partout citée en exemple à suivre, la région tient bon la rampe du traitement de ses ordures ménagères. Reste l’épineux et toujours pas réglé problème des déchets industriels et toxiques. « Surtout pas dans mon jardin. »

PAR YANNICK BOUCHER
region@lavoixdunord.fr
PHOTO BRUNO FAVA

Il y a mieux avec nos amis belges. On dit même ceci : « Les Flamands sont les champions du monde du recyclage des ordures ménagères . » Les gens paient au poids du contenu de la poubelle. Plus elle est pleine, plus c’est cher. Par temps clair, sur la frontière, on peut voir certains filous poser leurs bacs en France, là où l’on ramasse tout, y compris les excès.

Grosses poubelles
Un Nordiste produisait 550 kg de déchets par an en 1998. En 2004, la balance accusait 640 kg (+ 15 % en six ans) et les collectivités avaient dépensé 400 ME cette année-là pour les traiter. En Belgique, le coût de la partie des déchets non valorisables a été divisé par deux.
Chez eux, on ne doit pas dépasser une quantité maximale prise en charge par personne, orientant le tonnage global d’ordures de 5 % à la baisse chaque année. En cas de dépassement, c’est la collectivité (commune…) qui paiera la différence sous forme d’amende au kilo supplémentaire à la Région wallonne.
Chez nous, « maudits Français », on expérimente et on en revient. À Bousies, dans l’Avesnois rural, monsieur le maire a tenté de faire payer au poids.

Revenu.

Et pourtant, qui ne dit pas que le Nord - Pas-de-Calais est terre de mission en la matière ? « Nous sommes les seuls en France à réaliser un réel porte-à-porte chez l’habitant, assure Raphaël Vial, spécialiste à la direction de l’environnement du conseil régional. Sur la Côte d’Azur, les conteneurs sont planqués, on ne doit rien voir, il faut compter sur l’apport volontaire, donc le civisme des gens, ce qui est loin d’être évident … » Donc on ramasse, on ramasse et on trie et on recycle, cette fois de manière tout à fait exemplaire (lire ci-dessous) . Avec des ambitions, 65 % de nos déchets étant encore éliminés par la décharge (il en reste 7 sur 40) et surtout par l’incinération, le système le moins écologique et le plus cher à la tonne traitée. À Hénin-Beaumont, l’unité d’incinération ne sera pas renouvelée en 2011. À Béthune, un four de La Beuvrière s’arrêtera le long de l’A16. La tension environnementale sur les équipements est tangible, magistralement incarnée par la résistance de tous les diables à l’implantation à Haulchin, près de Denain, d’une décharge de classe 1 dédiée au traitement des déchets industriels spéciaux et toxiques. Porté par SITA-France Déchet (groupe Suez), le centre de stockage est vivement contesté par les riverains et les écologistes.

« Toxic land »
La région n’en dispose plus depuis la fermeture de Menneville (près de Desvres) en 1994. Elle en a pourtant besoin, ne serait-ce que pour éviter le transport en flottilles de routiers pour 50 à 60 000 tonnes de déchets industriels annuels vers la région parisienne.
Aujourd’hui, estime-t-on, il faudrait pouvoir assurer la gestion de 200 000 tonnes à l’année dans la région la plus productrice de déchets toxiques en France. Trois sites avaient déjà été proposés il y a dix ans, dont Haulchin, sans succès à l’époque avant cette nouvelle tentative pour cette seule commune.
Les citoyens avaient jusqu’au 10 octobre pour éplucher en mairie les 1 450 pages du dossier de l’enquête publique. Le bras de fer continue sur un site où l’exploitation de 30 000 tonnes annuelles chasserait les chevreuils et menacerait la nappe phréatique sur un terrain instable, principal argument d’opposition de Pascal Chevalier, président de Denain Écologie. Sont également prévues une décharge de classe 2 de 80 000 tonnes (terres polluées, amiante, ciment…) et une de classe 3 (déchets inertes) dans une zone déjà sinistrée au regard de l’environnement. Faut-il tirer sur l’ambulance ? •


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