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La Voix du Nord - Edition du mercredi 17 octobre 2007


L’EXPERT
Florent Lamiot : « Et voici la maison à biodiversité positive… »

 Florent Lamiot. PHOTO PHILIPPE PAUCHET

Rêvons un peu avec une maison qui respecterait au mieux son propre milieu naturel. Autant dire une maison à peu près introuvable.

– Ne s’agit-il pas d’une proposition du Grenelle de l’environnement ?

« C’est presque vrai. Nous avions la maison à énergie positive, autonome et qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, voici la maison à biodiversité positive. Le concept est nouveau, radical en France. Cette maison accorderait sur les plans de l’architecte autant de place à la préservation des espèces animales et végétales que s’il n’y avait pas de maison et qu’on était dans une nature vierge. »

– Comment faire concrètement ?
« Que des choses finalement très simples. Comme végétaliser les murs, au minimum avec du lierre. On aura des feuilles toute l’année, le lierre est un excellent épurateur de l’air (en particulier le benzène cancérigène) et c’est plein de vitamines : ses graines sont les premières à être mangées par les oiseaux fatigués par l’hiver ou les migrations. On peut aussi végétaliser son toit ou sa terrasse. C’est techniquement très possible sur des pentes de 35 °. Cela coûte le prix d’un bon carrelage et il n’y a presque pas d’entretien. Avec d’autres avantages, une meilleure résistance du bâti au temps, une fixation des poussières et de l’eau de pluie (économie pour les réseaux d’assainissement puisque l’eau est retenue sur un toit). C’est clair en Allemagne, les assureurs gèrent moins de sinistres parce que la végétalisation atténue les chocs thermiques. »

– Cette maison n’existe-t-elle pas dans notre région ?
« Quelques particuliers font des efforts, comme à Marquette, près de Lille. La biodiversité positive, c’est aussi la maison nichoir. Les batraciens, les amphibiens, les micromammifères restent bien sûr à l’extérieur de la maison mais on aménage des endroits pour eux à la cave, au grenier, dans les murs. J’ai vécu dans un vieux moulin et j’avais installé un abri dans un mur pour les oiseaux, avec un oeilleton pour pouvoir les observer. C’était génial ! Je dispense un cours sur ce sujet à l’école d’architecture de Lille et c’est hélas le seul cas en France ! »

– Et dans nos jardins ?
« On peut récupérer l’eau de pluie pour faire des toutes petites mares, faire des trous dans les grillages, ne pas éclairer la nuit. Si un jardin est écologiquement géré, pas besoin d’engrais et surtout pas de pesticides ! Ne pas jeter le bois mort, faire du compost avec la tonte de pelouse ou la taille de haie ; il n’y a pas de meilleur substrat pour faire un humus de qualité. » •
 

REPÈRES
Il est assurément l’un des plus fins connaisseurs de la biodiversité en France et « a fortiori » dans la région. Un temps dans l’industrie audomaroise, ce multispécialiste laboureur de terrains trouve sa place dans l’équipe de la première heure de Marie-Christine Blandin à la direction de l’environnement du conseil régional en 1992, où il est encore le seul en France à occuper un poste de veille stratégique en environnement.

 

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