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La Voix du Nord - Edition du jeudi 18 octobre 2007


Quand Pasteur cherche, Pasteur trouve !

Nous nous sommes livrés avec l’Institut Pasteur de Lille au petit jeu des prélèvements de terre à des fins d’analyse. La pollution est-elle partout  ?
Marcher près d’un rond-point en centre-ville, pêcher dans la Deûle, planter du maïs dans la campagne, entretenir un potager en ville, se promener le long d’un canal. La vie, en somme. En somme de pollutions puisqu’un rapport sérieux entre la santé et l’environnement ne peut se soustraire à la certitude que l’homme a bel et bien une influence certaine sur son cadre de vie.

 > Au fond de la Deûle. – Nous avons déjà évoqué le problème quasi insoluble de la pollution par sédiments toxiques au fond des canaux. Patrick Thomas est spécialiste des métaux lourds à Pasteur Lille et nous le remercions encore de nous avoir permis de comprendre ce que pouvait contenir la boue des sédiments fixée au fond de la Deûle, là où l’on pêche des anguilles ou des carpes fouisseuses, remueuses de vases hypertoxiques ! Un vrai cocktail : 5 fois plus de plomb, 11 fois plus de zinc, 18 fois plus de cadmium, une concentration rare, 7 fois plus de mercure que les normes les plus sévères établies par l’agence de l’eau pour les sédiments de rivière.
 > Au rond-point Pasteur de Lille. – Beaucoup de voitures encerclent ce grand rond-point à l’entrée de La Madeleine. On pensait trouver beaucoup de plomb mais l’essence sans plomb est passée par là : 230 milligrammes par kilo de terre (la norme est de 400 mg/kg). Peu de zinc également (issu des pneus) : 220 mg quand la norme est à 9 000 mg. On a trouvé en revanche des produits de combustion et des benzènes dont le benzo(a)pyrene cancérigène (260 mg, norme à 3 500 mg). « On doit ici relativiser », explique Patrick Thomas, rappelant qu’il y a tout de même deux fois plus de plomb et de zinc que sur le terrain de la friche industrielle Rhodia (ex Rhône-Poulenc) à La Madeleine, site également visité.
 > Au potager de la ferme des Dondaines près d’Euralille et dans un champ de maïs à Chéreng. – Encore une surprise  : pas de trace particulière de pesticides dans la terre du maïs (pas de traitement récent) mais (on s’en doutait), du plomb dans la terre du potager bio de la ferme pédagogique lilloise, si près du périphérique.
 > Au canal de Neufossé, près de Saint-Omer. – On suspectait une entreprise sidérurgique d’avoir répandu des gravats toxiques sur les berges avec risques de contaminations de l’eau : la terre est caustique (perte de l’empreinte digitale du doigt en grattant), du nickel (allergies !), du vanadium (pour les aciers), 14 % de fer (norme de 1 à 2 % maximum) ou de l’aluminium. Bonne promenade. • 

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