La Voix du Nord - Edition du vendredi 19 octobre 2007
ACTEURS
Jean-Jacques Lefebvre, une vie pour l’écluse et le coeur au canal
Il sait la tendresse des écluses dont il eut la charge sur la Lys, la Deûle ou la Marque. C’est ressentir avec lui la poésie d’une voie d’eau si chère au bon coeur flamand.
À présent retraité, Jean-Jacques Lefebvre aura accompli l’essentiel de sa carrière aux Voies navigables de France dont le siège national est à Béthune. On le retrouve en 1992, chargé de mission fluviale par la première présidente verte d’un conseil régional. Il est finalement le pur produit de l’attachement affectif aux canaux du Nord - Pas-de-Calais, la région la mieux fournie du pays avec un réseau de 680 kilomètres, dont 240 à grand gabarit. « Mais attention, prévient-il, l’État ne pense qu’aux plus gros canaux et compte bien transférer la charge des plus petits aux Régions qui n’auront pas les moyens de les entretenir ».
Le canal a pourtant sa place dans le « chevelu hydrographique » de nos 2 300 km de ruisseaux, becques et petites rivières. « Certains sont très fortement pollués », dit-il en insistant sur l’épineux problème des sédiments toxiques fixés par la pollution industrielle au fond des canaux. Si des solutions existent, principalement par l’inertage des sédiments et leur confinement avant incinération, on se demande s’il ne vaut pas mieux tout laisser au fond, sans risquer de remuer la souillure. Le canal de Roubaix reste en certains endroits un immonde cloaque et les pyralènes (PCB) polluent particulièrement une vingtaine de sites avec les risques sanitaires liés à la consommation de poissons dans une région où l’on apprécie par exemple l’anguille, poisson gras fouisseur de vases… Une péniche permet de transporter le contenu de l’équivalent d’une bonne quarantaine de camions (110 avec le canal Seine-Nord dès 2012). Jean-Jacques rédige un Que Sais-je aux éditions PUF sur les canaux et rivières de la région. Il écrit chez lui à Quesnoy. Évidemment sur Deûle.









