Version PDF

couverture du jour

Journal

couverture du jour couverture du jour

La Voix du Nord - Edition du vendredi 19 octobre 2007


La région soigne mieux ses eaux tout en restant malade

Si l’on espère en région un bon état relatif de 43 % des eaux de surfaces pour 2015, les autres régions annoncent pour leur part un objectif de 65 % en moyenne à la même échéance. Le Nord - Pas-de-Calais continue de se battre pour son eau. Et si le pire était derrière lui ?

La qualité de l’eau n’est globalement pas satisfaisante dans le Nord - Pas-de-Calais mais les améliorations sont sensibles. Il faudrait investir plus de cinq milliards d’euros pour atteindre un bon état général dans tous les cours d’eau. Sur cette somme colossale, 4,3 milliards devraient être consacrés à la rénovation de réseaux d’assainissements vieillissants, parfois déboîtés par les affaissements miniers, 300 M € seraient dédiés aux stations d’épuration, 400 M € au monde industriel et entre 200 et 400 M € à celui de l’agriculture.

Suivre son cours « On avance vite et bien pour nos eaux de surface », estime Alain Strebelle, directeur de l’Agence de l’eau à Douai.
Aucun problème de quantité d’eau dans la région, les stocks suffisent largement à couvrir les besoins. L’industrie a limité ses consommations, notamment avec la fermeture de nombreuses teintureries ou d’entreprises sidérurgiques. Les procédés industriels imaginent des plans de recyclage pour limiter leurs charges et au final, les ponctions industrielles d’eaux souterraines ont été divisées par quatre en trente ans. De la même manière, les collectivités prélèvent moins d’eau dans les nappes phréatiques depuis l’an 2000, à raison d’une baisse de 0,5 à 1 % par an (96 % de l’alimentation en eau potable provient du sous-sol, c’est une particularité régionale).
« Notre principal souci concerne l’assainissement domestique et les pratiques agricoles notamment liées à l’utilisation de pesticides », ajoute Alain Strebelle. La pression domestique est très forte dans une région si densément peuplée (300 habitants au km², trois fois plus qu’en moyenne nationale). Nos cours d’eau ont un faible débit – sacré handicap ! Peu pentus, ils étaient, d’après un rapport de l’agence de l’eau, dans un « état catastrophique » dans les années soixante-dix.
Avec un débit des rivières de 130 m³ par seconde, les pollutions résiduelles filent plus lentement vers la mer, s’évacuant moins vite. Il y a vingt ans, la moitié des eaux de baignade françaises de mauvaise qualité se trouvaient dans la région. Aujourd’hui, le problème est quasiment réglé au bord des plages.
Comme celui des stations d’épuration, dont les rares obsolètes font ou vont faire l’objet de travaux comme à Wingles en mai 2008, seule station réputée difficile par le plan Borloo du 14 septembre. 

 Y. B.

 

La qualité des eaux des rivières


(infographies Sébastien Arnold)

CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR



Résultats des analyses de 2006

 

 

 

 



Résultats des analyses de 1980

Retour