La Voix du Nord - Edition du samedi 20 octobre 2007
ENVIRONNEMENT
Jeanne est-elle si vertueuse dans sa vie de tous les jours ?
Jeanne se prête au jeu de la dissection comportementale. Chacun d’entre nous a un petit bout de la solution aux problèmes environnementaux, de ceux qui nous entourent à ceux qui nous dépassent.
PAR YANNICK BOUCHER
region@lavoixdunord.fr
PHOTO PHILIPPE PAUCHET
Elle se lève à 8 heures, sa fenêtre est ouverte. Bon point. La qualité de l’air intérieur est souvent plus dégradée qu’à l’extérieur, aérer une pièce dix minutes par jour suffit à évacuer la plupart des particules allergènes ou toxiques en suspension. Son téléphone portable lui sert de réveil, il est éteint, bon point : les scientifiques divergent encore pour évaluer la dangerosité de la pollution électromagnétique des mobiles. C’est l’heure du petit-déjeuner. Jeanne achète du pain (le boulanger dépense moins de CO2 à l’unité qu’une machine à pain individuelle mais il ne faut pas aller chez lui en voiture) et boit du jus d’orange en bouteille. Mauvais point : rien n’est bio, rien ne garantit l’absence de résidus de produits phytosanitaires dans les fruits.
Maudites fraises Elle achète l’essentiel en grandes surfaces sans négliger les marchés de son quartier. Bon point : mieux vaut acheter les produits locaux plutôt que des denrées venant du bout du monde en alourdissant leur bilan carbone.
Un pot de yaourt aux fraises peut parcourir plus de 9 000 km, si l’on prend le trajet parcouru par chacun des composants (fraises, lait, levures, sucre, pot, couvercle, étiquettes…). Vient la douche. Elle laisse couler l’eau pendant les savonnages et ne dispose pas d’un économiseur d’eau au pommeau.
Mauvais point. Elle pourrait économiser près de 10 m³ par personne et par an (mais une douche au lieu d’un bain fait diviser la consommation d’eau par cinq). Puis Jeanne part travailler à vélo en laissant la voiture. Très bon point. Un litre de carburant produit 2,4 kg de CO2, le principal gaz à effet de serre. Autre bon point, Jeanne boit l’eau du robinet. L’eau minérale coûte cinq fois plus cher sans présenter de garantie sanitaire supplémentaire, le transport des bouteilles représente des millions de tonnes de carburant et il faut recycler le plastique.
Elle débranche sa télé, chasse les emballages superflus, le gaspillage du papier de bureau et les sacs plastifiés mais n’utilise ni les cosmétiques bio, sauf pour le visage, ni les lampes à basse consommation. Conclusion ? Peut mieux faire, mais c’est encourageant. Chaque geste compte, sans forcément sombrer dans l’éco-paranoïa.









