La Voix du Nord - Edition du dimanche 21 octobre 2007
Que doit-on espérer du Grenelle parisien ?
D’après notre sondage publié le dimanche 7 octobre, près de deux Nordistes sur trois attendent des effets concrets du Grenelle pour l’environnement dans leur région. Seront-ils déçus ?
Forcément, les compromis seront difficiles. Les lobbys industriels et agricoles font leur travail, les ONG environnementales abattent des cartes radicales redéfinissant les modes de production et de consommation dans le pays. La vérité du Grenelle devrait donc être entre celle des tenants d’un productivisme relativement conservateur et celle des partisans de la rupture écologique.
Concrètement qu’est ce que cela veut dire ? Pour lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie, l’objectif de la France est de diminuer par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. On sait déjà que le pari est intenable. Notre région émet près de 10 % du CO2 rejeté en France et elle fait des efforts (notamment industriels) avec une baisse globale de 3 % par rapport à 1990 (– 1 % en France).
Les bâtiments, premiers consommateurs d’énergie, sont plus anciens, donc moins bien isolés, dans la région qu’en moyenne en France, alors que les Nordistes ont relativement moins d’argent par ménage. Qui paiera ? Une taxe carbone contre les produits (dont les carburants) les plus énergivores sera-t-elle acceptée ?
Le Nord - Pas-de-Calais cumule les handicaps environnementaux et pourrait servir de référence ou de fourchette haute à Paris.
Le Grenelle veut une trame verte en France ; la région est celle qui inventa les corridors écologiques pour faire circuler ses espèces en danger sur les territoires les plus morcelés de province.
Le Grenelle souhaite protéger le littoral ; celui de la région est quasiment devenu une vaste aire urbaine en étant le plus exposé aux risques (submersions marines, érosions).
Le Grenelle veut stopper la perte de biodiversité d’ici à 2010 ; la région a perdu 75 % de ses espèces animales et végétales en trois cents ans. Plus du quart de sa biodiversité est en danger à moyen terme.
Le Grenelle veut dépolluer ; la région est la plus touchée en France (un site pollué sur six, une friche industrielle sur deux), on y trouve des pesticides dans quasiment toutes les eaux, une érosion inquiétante des sols, le moins d’espaces boisés (6,5 %), le moins d’espaces sauvages (12,3 %), le moins de zones humides (0,8 %) pour lutter contre les inondations, le plus de déchets toxiques.
Mais pas forcément le moins d’espoirs…
Y. B.









