La Voix du Nord - Edition du jeudi 25 octobre 2007
ÉCOLOGIE
Un Grenelle à grand spectacle pour la messe environnementale
Jean-Louis Borloo superstar dans son ministère au milieu des journalistes et des vedettes de l’écologie : la première journée de synthèse des travaux accouche de belles propositions concrètes. Entre affichage politique et réserves associatives.
PAR YANNICK BOUCHER
desk@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
Nicolas Hulot s’est levé tôt hier. Il fut le premier arrivé dans le petit matin parisien au 245 du boulevard Saint-Germain. Pour lui dire bonjour, une centaine de journalistes, un nuage de caméras, de perches de prise de son et de micros. C’est la nuée.
Bousculades Il est 8h 30 et ça se bouscule déjà pour la première des deux journées du bouclage du Grenelle de l’environnement, 90 000 personnes mobilisées depuis le 21 mai dans une consultation inédite en France sur ce thème autour de six groupes de travail ayant rendu un bon millier de pages de propositions et d’intelligence collective sur le réchauffement climatique, l’énergie, la biodiversité, la santé et l’environnement ou la démocratie écologique.
Nicolas a le sourire un peu crispé, il doit mesurer l’importance de cette journée. « L’idée n’est pas de réduire la voilure mais de changer de cap en laissant aux modes de production le temps de se convertir », lâche-t-il. Est-il en forme ? « J’ai ma tablette de chocolat ! », plaisante celui qui inspira le Grenelle en pleine campagne présidentielle. Derrière lui, Alain Bougrain-Dubourg suivi de Daniel Richard, président de WWF France mais surtout de l’Alliance pour la planète, collectif influent d’ONG environnementales. L’ancien président de 3 Suisses dans le Nord donne aussi de sa mesure : « Nous sommes des lanceurs d’alerte, je ne suis pas sûr que les politiques feront de vrais bonds en avant pour sortir de l’ornière écologique. » Mouvements de foule. Les journalistes courent entre le portail d’entrée du ministère de l’Écologie et les marches du perron où doit débuter la première séance de travail sur le bâtiment et les transports (lire ci-dessous)). Christine Boutin manque d’être assommée par une caméra. Martin Hirsch est pris d’assaut. La meute n’a que quelques minutes pour traverser le beau jardin du ministère, à peine le temps d’admirer un majestueux platane, les anges aux fontaines sur lits de rosiers blancs et accéder à la salle plénière pour la photo souvenir. Retour dans la cour pavée. Jean-Louis Borloo arrive. Cravate verte, décontracté, visiblement très en forme. Il est avec son Premier ministre qui insiste sur la concertation, le projet partagé, la vision collective. « Ce Grenelle sera suivi par d’autres rendez-vous tous les ans, cela doit devenir un mode de fonctionnement habituel des pouvoirs publics », estime François Fillon. Il est 9 h 30. « Allez, laissez-nous travailler ! », sympathise Jean-Louis Borloo avant de taper sur l’épaule du Premier ministre et de partir en courant coudes au corps pour avaler les marches du perron. Les premières mesures sont dévoilées quatre heures plus tard. La satisfaction est visiblement générale, c’était une belle matinée, la suite aujourd’hui.









