La Voix du Nord - Edition du jeudi 3 avril 2008


   Environnement, on s’y met !

Tri sélectif, chasse au gaspi, ces idées ont fait leur chemin, d’autres moins. Les résultats de notre enquête excl



PHOTO MAX ROSEREAUPAR LAURENT DECOTTE
Endireplus@lavoixdunord.fr
PHOTO MAX ROSEREAU

 

Le développement durable, ça parle désormais aux Français. Grâce à l’effet Hulot, à Al Gore ou au Grenelle de l’environnement ? « Un peu tout ça à la fois, mais je pense surtout que depuis plus d’une trentaine d’années et le premier choc pétrolier, ces sujets sont montés en puissance car ils ont été martelés », se réjouit Farid Baddache, professeur et auteur du livre Le développement durable au quotidien.

« En 2003, moins de la moitié des gens pensaient que le développement durable était une idée qui avait de l’avenir. Selon votre enquête, cinq ans après, trois quarts des Français le pensent. Voilà qui montre bien que le développement durable est une idée qui a fait son chemin. » « C’est un peu comme pour le tabac, poursuit-il. Il a fallu des dizaines d’années et aujourd’hui on a basculé, les gens ont pris conscience de son danger et c’en est même devenu ringard de fumer. » Pour 79 % des Français, le développement durable évoque la préservation de l’environnement et pour 23 % seulement la préservation d’un équilibre social. Le développement durable, c’est donc, dans la tête de chacun, l’environnement.


Et nous l’avons bien à l’esprit dans nos petits gestes quotidiens. Les sondeurs ont attribué une note aux Français en fonction de ce qu’ils faisaient ou étaient prêts à faire par souci de protection de l’environnement. Et ils en ont conclu que 88 % des Français étaient « engagés  » ou au moins « sensibilisés » à cette question.


Certains résultats sont très positifs : deux tiers d’entre nous affirment trier et recycler leurs déchets systématiquement et 22 % régulièrement. Plus de la moitié (53 %) d’entre nous assure également rapporter systématiquement leurs piles usagées chez les commerçants. Et 55 % ne plus jamais utiliser de sacs plastiques quand ils vont au supermarché.

Jeunes et urbains à la traîne

 


Et quand il s’agit de faire des économies, on est aussi très nombreux à faire attention. Quelque 58 % d’entre nous déclarent mener la chasse au gaspi de l’eau du robinet. Et la moitié assure être systématiquement soucieuse d’économie d’électricité.


« Il y a deux leviers qui fonctionnent très bien, affirme Farid Baddache. Le porte-monnaie et la santé. » En revanche, le bio n’est pas encore entré dans les moeurs puisque seuls 8 % des Français déclarent consommer plus de produits bio de manière systématique, même s’ils coûtent plus cher. Tandis qu’un peu moins de 20 % des Français disent systématiquement utiliser moins leurs voitures par souci de l’environnement.


« Pour le moment, les Français ont intégré des petits gestes quotidiens, mais c’est une démarche impulsive. Ils ne se disent pas, par exemple, j’achète moins de “mauvaise viande” et plutôt des légumes bio, certes un peu plus chers. De même, le tri sélectif, c’est bien, mais faire attention à acheter des produits recyclables, c’est mieux. C’est là qu’il faut fermer la boucle », préconise Farid Baddache.


Ça et toucher les urbains et les jeunes, qui sont les moins impliqués. « Quand on habite à la campagne, on est davantage inscrit et concerné par son territoire. Les Parisiens, à l’extrême, sont plus centrés sur leur intérieur que sur leur quartier. » Quant aux jeunes, insiste le professeur, « ils sont beaucoup plus dans la société de consommation. Tandis que les personnes âgées trouvent parfois ridicules de tant consommer. Il n’empêche qu’il faut rendre plus sexy les messages sur le développement durable qui sont souvent trop anxiogènes  ». 
 

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