La Voix du Nord - Edition du 25 octobre 2007


<<< Retour au dossier

Les parents de Florence Cassez s’adressent à Nicolas Sarkozy pour sortir leur fille de sa prison mexicaine


C’était en décembre 2005. Les images de la Beuvrygeoise Florence Cassez, au centre d’une grotesque mise en scène de la police mexicaine, avaient plongé la France dans la stupeur et l’incrédulité. Les autorités mexicaines accusent la jeune fille de rapts en bande organisée. Les parents de Florence, qui dénoncent depuis le début une manipulation grossière, ont interpellé Nicolas Sarkozy avec l’espoir d’une intervention rapide.



PAR ALEXIS CONSTANT
region@lavoixdunord.fr

L’’instruction du procès de Florence Cassez, originaire de Beuvry (Béthunois) est close depuis la mi-octobre. Elle encourt au maximum 90 années de réclusion. Aujourd’hui, elle végète dans une geôle de Mexico City.
Les autorités mexicaines l’accusent de faire partie d’un réseau de ravisseurs, activité criminelle lucrative au Mexique. Ses parents ont récemment interpellé Nicolas Sarkozy avec l’espoir d’une pression diplomatique efficace.
« Le précédent gouvernement ne nous a pas du tout aidés. Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Affaires étrangères, n’a jamais répondu à nos courriers et Chirac nous a répondu en résumé qu’il ne nous recevrait pas », expliquent Charlotte et Bernard, aujourd’hui installés à Dunkerque. « Avec Nicolas Sarkozy, on sent une envie de faire avancer les choses. Nous l’avons interpellé par le biais du député Thierry Lazaro. Nous avons l’espoir d’une intervention présidentielle avant la fin de l’année.»
Jamais Charlotte et Bernard n’ont douté de l’innocence de Florence, prise dans ce qui ressemble à la mise en scène sordide d’un fait divers. « C’est une affaire qui intervient en pleine période électorale mexicaine, où il fallait redorer le blason d’une police corrompue, accumulant les scandales. Les politiques avaient besoin d’un coup d’éclat médiatique en montrant à l’opinion qu’ils agissaient contre le kidnapping et les demandes de rançon, un véritable fléau au Mexique », ajoutent-ils.
La dernière fois qu’ils ont vu Florence, c’était en avril. « Son état d’esprit n’était pas à l’optimisme. Mais c’est une battante. Elle ne veut pas lâcher. Elle ne craquera pas . » Par ailleurs, les conditions de détention de Florence Cassez se sont améliorées. « Elle a le droit de faire du sport, donne des cours de français. Très honnêtement, ses conditions d’incarcération sont acceptables par rapport à la prison précédente, où les filles voulaient lui faire la peau, où l’on avait froid dans le
dos en entrant, froid dans le dos en sortant. »
Les parents de Florence avouent avoir eu des moments de découragement. « Mais là, on y croit plus que jamais. Je pense que le processus va être relancé, qu’on va être reçus par Nicolas Sarkozy. On a pu voir qu’il était actif et sensible. Il a remis les victimes au centre de l’attention. On s’est dit que ce message-là, il était pour nous », conclut Bernard dans un élan d’espoir. Celui de voir sa fille libre ou rapatriée.

Retour