La Voix du Nord - Edition du 27 avril 2008
Au Mexique, vingt ans de prison pour Florence Cassez
Le verdict est tombé dans la nuit de vendredi à samedi. Florence Cassez, 33 ans, une Beuvrygeoise expatriée au Mexique depuis 2002, a été condamnée, pour quatre chefs d’inculpation, à quatre-vingt-seize ans de prison. Elle devrait, comme la loi mexicaine le stipule, ne purger que la plus lourde des peines : vingt années d’emprisonnement. Ses parents en appellent à l’intervention du président de la République.
PAR OLIVIER TARTART ET CHRISTIAN LARIVIÈRE
region@lavoixdunord
Emprisonnée depuis décembre 2005, ne cessant de proclamer son innocence, la jeune femme originaire de la région vient d’être jugée à Mexico pour complicité d’enlèvements dans une affaire où son ex-fiancé, Israel Vallarta, est également mis en cause. Soupçonnée de faire partie d’une bande de criminels qui auraient enlevé au moins une dizaine de personnes et tué l’une d’elles, elle répondait de quatre chefs d’inculpation : délinquance organisée, deux ports d’armes illégaux (armes et cartouches de
l’armée), et une dernière pour privation des libertés par séquestre.
Intervention diplomatique ?
« J’ai la conscience tranquille », avait-elle proclamé à l’ouverture de son procès en juin 2006, se posant comme la victime d’une machination. Elle n’a pas visiblement convaincu la justice mexicaine. Après avoir clos l’instruction du procès en octobre, cette dernière lui a infligé, dans la nuit de vendredi à samedi, une peine de quatre-vingt-seize ans de prison. Une sentence qui cumule quatre peines distinctes pour autant de chefs d’inculpation.
Après avoir craint le pire, la famille de la Nordiste a appris de la bouche de Me Jesus Horacio Garcia, l’avocat mexicain de Florence Cassez, que la Beuvrygeoise ne devrait toutefois pas accomplir la totalité des quatre peines. Mais seulement la plus lourde, comme le précise la loi mexicaine. Vingt ans en l’occurrence.
« Tant que Florence ne sera pas acquittée, il n’y aura pas de bonne nouvelle , confiaient hier les parents de Florence, Bernard et Charlotte Cassez, qui ont quitté Beuvry pour s’installer dans le Dunkerquois. Nous avons eu notre fille au téléphone cette nuit. Elle était effondrée et très, très en colère. I l n’y a rien dans le dossier, les fausses preuves ont été démontées, pièce par pièce, par son avocat mexicain. Le juge n’en a visiblement pas tenu compte. Pourquoi ? »
Fin 2007, Bernard et Charlotte Cassez avaient été reçus à l’Élysée, grâce à l’intervention de Thierry Lazaro, député UMP. « Le dossier a été pris en considération , affirme Charlotte Cassez. L’État n’a pas voulu intervenir tant que le jugement n’était pas rendu. L’avocat mexicain de Florence a d’ores et déjà fait appel, mais on n’y croit pas vraiment. On espère surtout obtenir rapidement un deuxième rendez-vous avec le président de la République. L’intervention diplomatique est la seule solution. »



