La Voix du Nord - Edition WEB du lundi 28 avril 2008
De sa prison, Florence Cassez « crie » son innocence
Emprisonnée depuis plus de deux ans au Mexique, Florence Cassez a été condamnée vendredi dernier à 96 ans de prison pour séquestration et appartenance au crime organisé. Dans une interview exclusive donnée à France Bleu Nord, la jeune femme de 34 ans, originaire de Beuvry-Lez-Béthune, crie son innocence.
Le procès aura duré deux ans. Deux longues années durant lesquelles Florence Cassez a attendu que la justice mexicaine se prononce. Vendredi ce fut chose faite : la Beuvrygeoise est condamnée à 96 ans de prison notamment pour enlèvements et possession illégale d’armes. Les peines n’étant pas cumulables, la jeune femme devrait être incarcérée vingt ans, au maximum.
Aujourd’hui, quelques jours après le verdict, Florence Cassez ne veut pas baisser les bras, comme elle l’a expliqué à France Bleu Nord dans une interview exclusive, donnée depuis sa prison au sud de Mexico.
« Je vais crier mon innocence jusqu’au bout. J’ai besoin que la France se bouge, j’ai vraiment besoin que Nicolas Sarkozy écoute ma voix et qu’il mette le nez dans mon dossier. » De sa voix assurée, Florence Cassez explique calmement « le verdict décevant » prononcé au Mexique quelques jours auparavant. « Je ne m’attendais pas du tout à ça. On était très confiants. Mais moi je ne vais pas me laisser abattre. »
Soudain pris par l’émotion, sa voix se fait plus hésitante. « Je vais me battre jusqu’au bout. Du Mexique, je dois sortir la tête haute, et reconnue innocente. C’est ma bataille. J’ai perdu une bataille. On m’a déclaré coupable. J’ai perdu une bataille mais pas la guerre »
Florence Cassez et son avocat ont décidé de faire appel de la décision, puisque, comme elle le dit, son dossier « est claire et transparent ». « Un enfant de 12 ans comprendrait les anomalies, les mensonges, la farce qu’il y a derrière ce dossier », a-t-elle jugée.
La jeune femme avait été arrêtée en décembre 2005. Depuis ce jour,elle n’arrête pas de crier son innocence. Deux jours plus tôt, les parents de Florence Cassez avaient déclaré vouloir un entretien avec le chef de l’Etat « pour qu’il intervienne ».
Alexandra Nawawi avec AFP



