La Voix du Nord - Edition du dimanche 4 mai 2008
Florence Cassez : la voie politique
La jeune Nordiste condamnée au Mexique cherche de nouveaux relais pour clamer son innocence. Nicolas Sarkozy recevra sa famille mercredi.
Du fond de sa prison mexicaine, la jeune Florence s’est longtemps demandé si son intérêt était de faire parler d’elle ou de rester discrète. Depuis sa condamnation, la semaine dernière, elle n’a plus de doute : il lui faut hurler son innocence, secouer tous les soutiens possibles. Elle a fait appel à un spécialiste.
PAR ÉRIC DUSSART
edussart@lavoixdunord.fr
PHOTO PATRICK DELECROIX
« Elle nous a demandé de trouver quelqu’un de médiatique, qui n’ait pas peur de frapper à toutes les portes. » Charlotte Cassez a fait de son mieux pour satisfaire sa fille et Frank Berton, à son côté, boit du petit lait : « Il faut reprendre le dossier à zéro et faire appel à Nicolas Sarkozy. » L’avocat lillois s’est donc penché sur le dossier de sa nouvelle cliente. Il a commencé la liste des actes à contester et il s’étonne : « Ça commence dès la première heure : Florence est arrêtée un soir, puis on la laisse toute la nuit dans une camionnette, afin de pouvoir “rejouer” l’arrestation le lendemain, pour les besoins d’une chaîne de télévision. Vous imaginez cela en France ? » Non, évidemment.
Les parents de Florence et son frère Sébastien écoutent et renchérissent : « L’avocat mexicain a démonté toutes les accusations une à une, et même à l’aide d’un laboratoire agréé par la police. Les témoignages qui accusaient Florence de rapt ont été discrédités. »
Mercredi à l’Élysée
Au fil du procès, qui a duré plus d’un an et demi, la confiance a gagné la famille Cassez. «
Le maire de Phalempin n’a pas non plus la réputation d’un timoré : « Si Florence a été arrêtée, présentée à la presse puis condamnée pour redorer le blason de la police ou pour arranger les affaires d’un responsable qui a pris d’autres fonctions aujourd’hui, cela peut peut-être s’expliquer, mais pas au regard du droit français ! » Toute la difficulté de cette nouvelle attitude sera de veiller à ne pas froisser la justice ou la diplomatie mexicaine. « La justice mexicaine est souveraine et indépendante », répète prudemment Frank Berton ; « Heureusement, nous n’avons pas affaire à une dictature mais à un pays avec lequel nous entretenons de bons contacts », glisse Thierry Lazaro. Mais Sébastien Cassez tranche : « C’est vrai que nous ne maîtrisons peut-être pas tout ce qui peut arriver, mais nous avons une certitude : si on se tait, rien ne se produira. » « Ma fille est innocente, voilà la certitude ! » Charlotte Cassez livre son analyse : « Le corps d’élite chargé de combattre les enlèvements avait besoin de réussir un “coup”, à l’approche de l’élection présidentielle. Et le directeur d’enquête de l’époque est devenu secrétaire d’État… » Voilà qui a le mérite de la franchise, à défaut d’être réellement diplomatique. >



