La Voix du Nord - Edition du jeudi 3 avril 2008
PROCÈS FOURNIRET-OLIVIER
Isabelle Laville, la première victime du couple diabolique
Elle avait dix-sept ans. C’était une jeune fille timide, « qui ne demandait rien à personne », dit son père. Depuis deux ans, la famille Laville était venue de Mulhouse pour habiter Auxerre. À quelques kilomètres de là, Monique Olivier et Michel Fourniret, sorti de prison depuis moins de deux mois, venaient de s’installer.
À CHARLEVILLE-MÉZIÈRES PAR ÉRIC DUSSART
edussart@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
Hier, Monique Olivier a raconté la tragique rencontre : « Mlle
Il est 17 heures, Isabelle Laville quitte le lycée : « Elle avait un kilomètre à faire à pied, dit son père. Je ne pensais pas qu’il pouvait lui arriver quelque chose. » Il lui est arrivé l’impensable. « Il me l’avait désignée. Il m’a demandé de le déposer un peu plus loin, où il m’attendrait avec un jerrycan vide. Je devais la convaincre de monter pour me guider. Arrivé devant lui, je devais faire comme s’il faisait du stop… » Le coup de la panne revu par Fourniret.
Le président s’agace de ses silences et la coupe parfois un peu trop vite. Elle tente à chaque occasion de se démarquer : « Je n’étais pas d’accord, mais… » Ou encore : « Pour moi, il n’irait pas au bout.. » Elle dit qu’elle a compris quand « il s’est placé derrière elle et a passé une cordelette autour de son cou. » Devant elle, les parents d’Isabelle se mordent les lèvres. Sans doute, imaginent-ils la terreur de leur fille, mais Monique Olivier n’en dira pas un mot : « Je ne sais pas, elle disait rien… »
« Tu es ma complice »
Ils lui ont donné un puissant calmant, puis ont attendu la nuit pour rentrer au village. « Il est monté à l’étage avec Mlle



