La Voix du Nord - Edition du mardi 8 avril 2008
PROCÈS FOURNIRET
L’accusé reste muet, Olivier minimise sa participation
La cour d’assises des Ardennes a examiné hier les viol et meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans, des faits sur lesquels Michel Fourniret a continué de refuser de s’exprimer tandis que Monique Olivier a cherché à minimiser son implication.
Il s’agit du deuxième des sept meurtres aggravés reprochés à Michel Fourniret. Dans ce dossier, son épouse est accusée de complicité d’enlèvement de viol et de meurtre.
Dès le matin, le principal accusé, qui a reconnu laconiquement les faits, a refusé de s’expliquer. Il a réitéré son exigence de correction de l’acte d’accusation, un « torchon » selon lui, pour justifier son mutisme.
La tentative de Me Chemla, un avocat de la famille Leroy, d’amorcer un dialogue avec l’accusé en lui proposant de répondre par des hochements de tête, a tourné court. « Si je mets le doigt dans l’engrenage, tout y passe. Je me connais », lui a lancé Fourniret, après avoir répondu de cette manière à quatre questions. De son côté, Monique Olivier a été longuement interrogée sur sa participation dans ces faits qu’elle reconnaît, mais en éludant par des silences les questions sur les contradictions de ses différents témoignages, soulevées par l’avocat général et les avocats de la famille.
Le 3 août 1998, Fabienne Leroy, en stage dans une entreprise à Châlons-en-Champagne, est abordée sur un parking par le couple Fourniret.
Selon l’accusation, ils réussissent à faire monter la victime dans leur véhicule sous prétexte de la recherche d’un médecin alors que Mme Olivier est enceinte de huit mois.
Dans un lieu isolé, la jeune fille, les poignets liés, est violée. Elle est ensuite abattue d’une balle dans la poitrine. Son corps est retrouvé le lendemain sur un terrain du camp militaire de Mourmelon-le-Grand. Un jeune homme, proche de la victime, est placé en détention plusieurs mois avant de bénéficier d’un non-lieu en 1992. Depuis 2004, date de leurs aveux, les versions des époux Fourniret divergent sur les faits. Monique Olivier a affirmé hier n’avoir assisté ni au viol, ni au meurtre.
En début d’audience, les parents de Fabienne sont venus ensemble à la barre pour évoquer le souvenir de leur fille, née en Côte d’Ivoire où ils travaillaient comme enseignants, pendant que des photos de l’étudiante étaient projetées sur un écran.
« Je trouve inadmissible d’avoir un bébé dans le ventre et d’être complice d’un meurtre » s’est insurgée en sanglots à la barre, Valérie, la soeur jumelle de Fabienne, en fixant Monique Olivier. « On ne demande pas pardon pour l’impardonnable », a lancé Michel Fourniret à la mère de la jeune fille…