La Voix du Nord - Edition du mercredi 9 avril 2008
JUSTICE
Deux semaines de procès, et Fourniret commence à fendre sa carapace
À partir d’aujourd’hui, la cour d’assises des Ardennes examine les faits d’enlèvement et de meurtre de Jeanne-Marie Desramault. La jeune béthunoise, âgée de vingt ans, avait disparu en 1989. C’est le troisième dossier dans l’ordre chronologique et Michel Fourniret commence, semble-t-il, à donner des signes d’agacement. Hier, il est une nouvelle fois sorti de ses gonds…
Didier Seban, l’avocat d’Henri Desramault, est un récidiviste. Déjà face à Émile Louis, il avait tenu le rôle du méchant et obligé le vieux chauffeur de bus à sortir de son mutisme pour, au bout du compte, reconnaître quelques-uns des faits sordides pour lesquels il finit aujourd’hui sa vie en prison.
Or, Fourniret a bien été suspecté d’enlèvement et meurtre de la petite Estelle Mouzin, mais il n’est même pas mis en examen pour cela. Comme d’autres, Didier Seban est « persuadé que Michel Fourniret n’a pas tout dit sur son itinéraire criminel en dehors des faits qui sont jugés ici ». Et il en fait l’un des enjeux principaux de ce procès… Dans l’après-midi, c’est à propos du rôle de son épouse que Fourniret a une nouvelle fois fendu sa carapace. Confirmant les dénégations de Monique Olivier, il a concédé quelques mots : « Je pense qu’elle ne ment pas quand elle dit qu’elle n’a pas pratiqué d’injection. Elle était physiquement présente, mais son esprit était ailleurs ». Du Fourniret tout craché, un peu méprisant, vaguement mystérieux. Voire un peu condescendant avec celle qui est toujours son épouse et qui continue de l’ignorer, dans le box.
Aujourd’hui, ils seront tous les deux à égalité, si on peut oser cette image. Pour la première fois, la cour examine un dossier dans lequel Michel Fourniret et Monique Olivier sont tous deux renvoyés comme auteur de meurtre. « Et c’est peut-être ici le fond de l’horreur, dit Didier Seban.
Jeanne-Marie n’était pas une rencontre de hasard, mais une jeune fille qu’ils connaissaient depuis deux mois, avec laquelle ils avaient des liens de confiance. Il y a donc un mécanisme organisé. » Et puis, il y a les faits : « Il semble que Jeanne-Marie ait à ce point voulu vivre qu’elle a mis Fourniret en difficulté. Il a été obligé d’appeler Monique Olivier à l’aide. C’est vraiment un crime à quatre mains ». Voilà l’angle d’attaque de M
ÉRIC DUSSART



