La Voix du Nord - Edition du jeudi 10 avril 2008
Une jeune fille timide qui s’est battue jusqu’au bout
Mais Fourniret avait demandé à son épouse de donner à la jeune fille de faux prénoms. Pierrette pour elle, Paul pour lui. Leurs deuxièmes prénoms, en fait. « Ça m’a alerté, c’est vrai. » Monique Olivier le reconnaît aujourd’hui : « J’ai pensé qu’il pourrait se passer quelque chose. J’avais peur, ce jour-là, qu’il n’y ait pas de retour pour elle. »
Il est passé à la gare, lui a proposé de repasser chez lui puis de la ramener à Béthune en voiture. Elle était contente, elle avait de nouveaux amis.
« Une question de respect »
Mais arrivé à Floing, à deux pas de Charleville, le décor a basculé. « Michel Fourniret lui a demandé si elle était vierge, elle lui a répondu que non, choquée. Il l’a empoignée, elle s’est débattue. Elle s’est tellement débattue, elle a tellement crié… » Monique Olivier dit même qu’avec son pied, elle a cassé un carreau. Fourniret n’avait plus le choix : il fallait la faire taire.
À propos du sac de plastique qui entourait la tête de la victime, en revanche, il n’y a pas de doute : c’est Fourniret. « C’était pour que son visage ne touche pas la terre, quand je l’ai ensevelie, dit-il. C’est une question de respect. »
É. D.



