La Voix du Nord - Edition du mercredi 16 avril 2008


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ASSISES DES ARDENNES
Une vidéo des aveux de Fourniret diffusée à l’audience

 La mère d’Élisabeth Brichet. Fourniret avait fait l’aveu du meurtre de sa fille sur une vidéo diffusée hier à l’audience. PHOTO AFP

Ce que Fourniret ne veut pas dire à l’audience, une vidéo tournée par la police belge lors des aveux du meurtrier présumé de la petite Élisabeth Brichet l’a dévoilé hier devant la cour d’assises des Ardennes. Une procédure rare.
Les deux accusés Michel Fourniret et sa femme Monique olivier sont restés impassibles pendant la diffusion de la vidéo.
La fillette avait été enlevée le 20 décembre 1989 près de Namur (Belgique) alors qu’elle rentrait chez elle à pied après avoir passé l’après-midi chez une amie. En 2004 la police judiciaire de Dinant filmait les aveux du couple. « La nécessité (de l’étranglement) apparaît pour faire taire les protestations, pour faire taire le regard », déclare Fourniret d’une voix calme.
Le corps d’Élisabeth avait été retrouvé enterré le 3 juillet 2004 au château du Sautou (Ardennes), l’ancienne propriété du couple Fourniret. Son crâne était recouvert d’un sac plastique.

« Le technicien que je suis » À l’enquêteur qui l’interroge sur la raison de l’enfouissement, Michel Fourniret explique : « Le technicien que je suis tente de savoir où il en est. Là c’est le côté rationnel qui s’exprime ». Dans un autre extrait, l’accusé explique qu’il «  n’aurait toléré aucune rébellion » de la part de son épouse. « Je lui ai fait comprendre que si elle prenait une initiative, sa vie et celle de Sélim (le fils du couple né en 1988) étaient en danger. ».
Pour sa part, Monique Olivier finit par avouer sa présence et celle de Sélim, alors âgé d’un an, dans la voiture lors de l’enlèvement de l’adolescente.
D’une voix assurée, l’ancienne garde-malade reconnaît avoir été « complice, mais complice forcée » de son mari. « J’aurais dû avoir le courage d’aller le dénoncer (…) plutôt que de me taire. » « Ce procès n’est pas un moment que j’attendais. C’est paradoxal, car ils (Michel Fourniret et Monique Olivier) me laissent indifférente. J’ai du mal à leur donner une consistance », commente à la sortie du tribunal Marie-Noëlle Bouzet, la mère de la petite Élisabeth. « Son absence de réactions ne me pertube pas dans la mesure que je sais qu’il est un manipulateur. Qu’est-ce que je pourrais attendre d’un manipulateur ? » Plus choquant pour Marie-Noëlle Bouzet : l’attitude de Monique Olivier. « L’instinct maternel, ça existe. Ce n’est pas une invention du XXe siècle. (…) Elle a maltraité son enfant. Elle a utilisé son enfant pour piéger un enfant », dit-elle. Et ce regret qui lui fait critiquer les systèmes judiciaires belges et français. « Si au lieu de faire ma déposition à 23 h 30 (à la police belge), j’avais pu le faire à 20  h 30, on aurait pu faire fermer les frontières ».

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