La Voix du Nord - Edition du mercredi 21 mai 2008
Pour les avocats des familles, Monique Olivier est aussi coupable que Fourniret
Au premier jour des plaidoiries des parties civiles, les avocats des familles d’Élisabeth Brichet, 12 ans, tuée en 1989, et d’Isabelle Laville, 17 ans, étranglée en 1987 dans l’Yonne, ont évoqué la « culpabilité identique » des accusés.
« Je vais vous parler non d’un assassin, non de la complice d’un assassin, mais d’un couple assassin » a déclaré Me Paul Lombard, l’avocat du père d’Élisabeth, disparue le 20 décembre 1989 près de Namur (Belgique).
Dans ce dossier, Michel Fourniret, 66 ans, jugé pour sept meurtres aggravés, est accusé d’enlèvement, tentative de viol et meurtre. Son épouse, 59 ans, est renvoyée pour complicité.
Au cours des débats, l’ancienne garde-malade a reconnu qu’elle était présente, avec leur fils d’un an, Sélim, lors de l’enlèvement de l’adolescente, abordée au prétexte de la recherche d’un médecin.
« Le stratagème est dégueulasse. Je choisis volontairement ce mot pour sa bassesse. Nous sommes au coeur du ruban noir de l’horreur », estime l’avocat, en rappelant que c’est elle qui a procédé à la toilette intime de l’adolescente avant la tentative de viol.
Devant les interpellations de Me Lombard, Michel Fourniret, qui a laconiquement reconnu les faits lors du procès, reste sans réaction, les yeux clos. Et l’avocat de demander aux jurés de ne reconnaître aux accusés « aucune circonstance atténuante ».
À sa suite, Me Alain Behr, l’avocat de la famille d’Isabelle Laville, la première victime présumée du couple : « Vous êtes, Monique Olivier, autant coupable que Michel Fourniret. » Interrogée pendant le procès, Monique Olivier a notamment reconnu qu’elle avait abordé la jeune fille pour le compte de Fourniret. Elle a aussi admis l’avoir « mis en condition » alors qu’il peinait à violer la jeune fille.