La Voix du Nord - Edition du jeudi 22 mai 2008
Monique Olivier accablée par les avocats des familles
L’épouse de Michel Fourniret a été une nouvelle fois la cible des plaidoiries des parties civiles.
Hier encore, les avocats ont accablé l’épouse du tueur en série présumé, jugé pour sept meurtres aggravés, en soulignant son rôle de « détonateur » dans l’équipée criminelle qu’elle a formée pendant dix-sept ans avec Michel Fourniret.
Emboîtant le pas à Me Paul Lombard, qui avait dépeint la veille un « couple fusionnel où il y a une machine à tuer et une femme qui met en marche la machine », Me Didier Seban a dénoncé la culpabilité de Monique Olivier dans la « loterie sanglante » mise en oeuvre par le couple.
« Ils se sont assistés, ils se sont aidés pour tuer Jeanne-Marie Desramault, pour la faire taire (…) Elle est l’auteur de ce meurtre autant que Fourniret », a déclaré l’avocat de la famille de l’étudiante, tuée en 1989.
Accusée de complicité dans trois des homicides commis par son mari – ce qu’elle a reconnu pendant le procès – Monique Olivier a fermement contesté avoir été coauteur de ce meurtre.
Pour l’avocat, l’ancienne garde-malade, qui accepte d’épouser Fourniret en juillet 1989, alors que le couple a déjà commis quatre meurtres, n’est pas « celle qu’elle veut bien dire ». Pendant les débats, Monique Olivier n’avait cessé de répéter qu’elle avait agi sous la contrainte d’un mari qui la terrorisait.
« Il lui suffisait d’un mot » pour dénoncer Michel Fourniret et s’en débarrasser, renchérit Me Sabine Barz, l’avocate de la famille de Natacha Danais, tuée en 1990.
Devant les neuf jurés, Me Hervé Dupuis, l’avocat des parents de Céline Saison, assassinée en 2000, avoue à son tour son impuissance à comprendre : « Comment une mère a pu élever, regarder son enfant grandir au quotidien avec des yeux d’assassin ! », s’insurge-t-il dans une allusion à Sélim, le fils du couple Fourniret né en 1988.
Grand pervers Fermant le ban des plaidoiries, Me Gérard Chemla, l’avocat des parents de Fabienne Leroy tuée en 1988 et de Mananya Thumpong assassinée en 2001, revient sur le rôle de cette « femme qui ne parle pas parce que tout ce qu’elle dit peut être mortel pour elle ».
« Michel Fourniret n’est plus une énigme pour nous. Il est un grand pervers qui a reçu l’autorisation de tuer », ajoute-t-il.
Dans son box, Monique Olivier, comme la veille, reste sans réaction, la tête et les yeux baissés.
À son côté, Michel Fourniret, figé sur son siège, garde le plus souvent les yeux fermés.
Au cours de leur plaidoirie, deux avocats ont également demandé que la justice et la police progressent dans l’identification des tueurs en série.
« Le système n’a pas été à la hauteur. Il sait arrêter des voleurs, mais sait-il gérer le couple qui tue au hasard ? », s’est interrogé Me Chemla. « Il faut que le procès Fourniret serve de leçon. Il faut que l’on apprenne à travailler autrement. », a renchéri Me Seban.
Les audiences reprennent cet après-midi avec le réquisitoire.