La Voix du Nord - Edition du samedi 20 octobre 2007
FERMETURE DU TRIBUNAL
L’État français assigné devant le tribunal jeudi par des avocats en grève
Jeudi, les avocats hazebrouckois seront en grève, soutenus par leurs confrères des onze barreaux de la région… et la Fédération nationale des jeunes avocats, qui a assigné l’État français en référé. Objectif : interdire tout décret portant sur la suppression du TGI d’Hazebrouck.
Le bâtonnier M
L’espoir qu’il cultive lui vient d’abord du soutien de ses confrères de la région. Ces derniers, à l’appel de la conférence régionale des bâtonniers, appellent en effet à une grève jeudi, dès 9 h 30 devant le tribunal, rue Biébuyck.
« Tout le monde est invité, explique M
Avis à la population
Les élus et la population sont donc bien évidemment conviés, ainsi que les partenaires de l’institution judiciaire. Le but étant de faire d’Hazebrouck une ville morte « en fermant les commerces, la mairie et les administrations pendant la durée de la manifestation », précise Patrick Zehnder, président de la conférence régionale des bâtonniers.
On pourrait se dire que c’est déjà pas mal, mais non, ce n’est pas tout. Le même jour, l’État français est assigné en référé au tribunal d’Hazebrouck par la fédération nationale des jeunes avocats, syndicat majoritaire représentant quelque 25 % des 45 000 avocats français. Tout un symbole, car l’organisation, à travers cette procédure, demande purement et simplement l’interdiction de « tout décret portant suppression du TGI d’Hazebrouck », le premier à avoir souffert de la réforme.
Les arguments exposés dans l’assignation ? « D’abord un manque de concertation qui constitue une voie de fait, expose Lionel Escoffier, président de ladite fédération. Puis une décision de suppression qui constitue une atteinte grave au principe fondamental d’accès au droit et à la justice pour l’ensemble de la population ainsi qu’une atteinte à la liberté d’exercice des avocats. » Et cette assignation n’est que la première d’une liste ignorée à l’heure actuelle : « On assignera l’État dans chaque ville où le tribunal de grande instance sera supprimé », annonce déjà Lionel Escoffier.
Reste à savoir qui sera en face de lui jeudi, à 9 h 30. C’est la seule inconnue : dehors, il devrait y avoir du monde.
PERRINE DIÉVAL









