La Voix du Nord - Edition du jeudi 25 octobre 2007
Trois questions à
Jean-Claude HERBIN, dauphin du bâtonnier du barreau de Cambrai
« Sur notre banderole, un message : nous sommes tous des Hazebrouckois »
Cambrai est moins visé par la réforme qu’Hazebrouck. Serez-vous présent demain devant le tribunal ?
« Bien sûr qu’on en sera, comment être insensible à la fermeture d’un tribunal. Une quinzaine d’entre nous seront là, et nous serons accompagnés d’une quinzaine de confrères du barreau d’Arras. Sur notre banderole, nous n’inscrirons qu’un message : nous sommes tous des Hazebrouckois. Notre premier souci est d’épauler nos collègues d’Hazebrouck. Le second est de mettre en avant ce qui risque d’arriver à terme. »
C’est-à-dire ?
« Après Hazebrouck, Cambrai possède le deuxième barreau le plus petit de la région, trente et un avocats. En vingt ans, on a toujours réussi à maintenir ce nombre. Jusqu’à quand ? Une fois les municipales passées, je redoute qu’on nous repasse le plat. Potentiellement, cent cinquante emplois seraient menacés chez les fonctionnaires et le personnel des cabinets. »
Déplorez-vous un manque de soutien des élus et des collectivités à votre égard ?
« À Cambrai, le député François-Xavier Villain, qui plus est un confrère, a vite mesuré les risques de la réforme. Il nous a soutenus. Cela n’a pas été le cas partout. »
Que pensez-vous de l’assignation de l’État par la Fédération nationale des jeunes avocats (FNUJA) ?
« Même si juridiquement, le référé me paraît aléatoire, il témoigne d’une protestation forte. Mardi, j’étais à Amiens où le barreau est en grève. C’était le cas hier à Tarascon. Tous les avocats de France se réunissent en assemblée générale. Sur le front de la mobilisation régionale, l’assignation de la FNUJA aura peut-être le mérite de gagner à la cause une partie de nos huit cents confrères lillois. La fermeture d’un tribunal instaure une concurrence dans le palais de justice voisin. Et à Lille, la concurrence est déjà rude. Rachida Dati a évoqué des compensations comme la multi-postulation. En clair, en cas de suppression de son tribunal de rattachement, un professionnel du droit pourrait plaider où il le souhaite. Y compris là où les avocats ont du mal à trouver des dossiers. C’est la bouteille à l’encre. »
MARC LE TELLIER









