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La Voix du Nord - Edition du vendredi 26 octobre 2007


FERMETURE DU TRIBUNAL
Des avocats en rangs serrés dans une ville plutôt indifférente

Manifestation du 25 octobre.  PHOTO KARINE DELMAS

Hier, quelque deux cents personnes, dont une majorité d’avocats, ont défilé dans les rues d’Hazebrouck pour dénoncer la suppression du tribunal. La profession, réputée peu prompte à se mobiliser, a réalisé l’union sacrée. Au-delà, l’impression est mitigée.

PAR MARC LE TELLIER
hazebrouck@lavoixdunord.fr
PHOTO KARINE DELMAS


« Le dossier est reporté au 8 novembre. » Dans la salle d’audience, l’annonce du président Christophe Courtalon n’étonne personne (lire page 7). À dire vrai, la bonne centaine d’avocats massés devant le palais de justice dès 9 h 15 est avant tout là par solidarité avec les confrères de Flandre : « C’est formidable, lance Cécile Gombert, qui exerce à Hazebrouck.
En une semaine à peine, les barreaux se sont mobilisés et ils sont là aujourd’hui. Ces gens n’ont rien à gagner.
 » L’afflux de robes noires de Cambrai, Douai, Avesnes, Arras, Valenciennes, Béthune… confirme une mobilisation forte des professionnels du droit : huit des onze barreaux de la région sont en grève, leur décision fait tache d’huile.
Groupés devant l’entrée du tribunal, les membres de l’Association d’aide au justiciable (ADAJ) côtoient les fonctionnaires du TGI, pancartes fluorescentes en main : « On nous parle d’une réforme dans l’intérêt des justiciables. Au nom de celle-ci, un TGI est sacrifié. Nous voulons continuer à assurer un service public en Flandre intérieure, où il se distingue par sa rareté », déplore une gréviste. Partout fleurissent des messages « fonctionnaire en grève », « liquidation totale avant fermeture »… La place est chaude pour Patrick Zehnder. Le président de la conférence régionale des bâtonniers, très inspiré, en remet une louche sur la « concertation  » promise par le garde des Sceaux. Il ironise : « Madame le ministre, jadis, lorsqu’un magistrat déplaisait, il était “hazebroucké”. Où comptez-vous le mettre aujourd’hui ? » L’allusion fait mouche et la température monte d’un cran. Feu de paille.
Le show puis le froid. Invités à la tribune, les élus ne se bousculent pas. La députée Françoise Hostalier, en déplacement en Algérie avec le ministre du Commerce extérieur, n’entendra pas son maire, Michel Vandevoorde, inciter l’assistance à refuser de laisser les « clés aux ferrailleurs du territoire ». Paul Blondel, au premier rang, est impassible. Le maire d’Hazebrouck reste en retrait sur le sujet du tribunal. Peut-être trop  : « Hazebrouck est la capitale d’un ancien arrondissement. À nous de l’affirmer. Au maire de le défendre  », glisse un élu.
« Certains se damneraient pour avoir un TGI, pas seulement pour le prestige de l’institution, mais aussi par respect pour les victimes et pour ses répercussions sur la vie économique, analyse Cécile Gombert.
Ici, il y a eu un manque de mobilisation en amont. Je ne comprends pas qu’on puisse laisser tomber. » Hier matin, au fil du défilé, devant des passants presque indifférents, la ville semblait avoir lâché prise. « La manifestation ? C’est folklorique. Cela ne changera rien, pense Roland, retraité des impôts. Cela fait quinze ans qu’Hazebrouck devient un dortoir. Il ne faudrait pas l’accepter. Mais quel poids a le citoyen lambda ? » •
 

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