Version PDF

couverture du jour

Journal

couverture du jour couverture du jour

La Voix du Nord - Edition du vendredi 30 novembre 2007


FERMETURE DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE
À Paris, les Hazebrouckois rappellent leur « non » à Rachida Dati

 Les Hazebrouckois ont passé presque deux heures à une centaine de mètres de la Chancellerie.

Le verbe mesuré, d’abord séparés entre parvis de l’Assemblée nationale et rues adjacentes au ministère de la Justice, une quarantaine d’Hazebrouckois ont manifesté hier à Paris. Ils ont redit leur opposition, tant sur la forme que le fond, à la réforme de la carte judiciaire.

PAR MARC LE TELLIER
hazebrouck@lavoixdunord.fr

PHOTOS MAX ROSEREAU


« Les banderoles ? On les a terminées ce matin. » Que disent-elles ? « Non à la fermeture du TGI.  » Toujours. Après avoir conspué Rachida Dati à Lille le 12 octobre, orchestré le front du refus dans le marais aux lièvres le jeudi 25, le monde de la justice hazebrouckoise, peu rompu à l’exercice, poursuit l’apprentissage de la manifestation.
Hier à 9 h, rue Biébuyck, ils sont une quarantaine à monter à bord du bus qui les conduit à Paris. Il y a là un huissier, des avocats, leurs secrétaires . « 100 % des personnels des greffes », se réjouit une fonctionnaire. Ça ressemble à l’union sacrée.
S’arrachant à la grisaille flamande pour le crachin des beaux quartiers, la troupe atteint la place de la Concorde à 13 h 30. L’heure est à la séparation. Les avocats, un tiers de la délégation flamande, répondent à l’appel de l’Union syndicale des magistrats, de la Conférence nationale des bâtonniers et de la Conférence nationale des barreaux. Ils se dirigent vers le palais Bourbon, où « le bruit a dû perturber les débats des députés », s’amuse l’avocat bailleulois Didier Cattoir, accompagné de ses collaborateurs.
Les fonctionnaires du greffe, interloqués, s’engagent dans le sens opposé, vers la place Vendôme, point de rencontre fixé notamment par le Syndicat de la magistrature. l’UNSA, la CGT et la CFDT. De la chancellerie, les manifestants n’apercevront que la façade cossue. Le point névralgique est fermé à triple tour par des dizaines de CRS. Personne n’entrera, les boucliers anti-émeutes, qui allument un sourire incrédule sur bien des visages, font bonne garde.
 Les Hazebrouckois ont passé presque deux heures à une centaine de mètres de la Chancellerie.
Déserts judiciaires
Les Flamands se postent au premier rang, encadrés par des greffiers d’Abbeville et des avocats finistériens énervés. Le mot d’ordre est à la dénonciation de « déserts judiciaires ». Les slogans ont dû mal à percer l’atmosphère compassée de la place Vendôme. La réunion des deux cortèges est brouillonne, l’accès au ministère étant tout bonnement bloqué. Vers 15 h, tant bien que mal, ils sont un bon millier. Parmi eux, des Béthunois, des Carvinois (dont le tribunal d’instance devrait être supprimé), des Lillois, le bâtonnier de Dunkerque.
Des magistrates hazebrouckoises ont rejoint leurs collègues de travail : « Rachida Dati évoque à l’envi l’affaire d’Outreau pour montrer les dysfonctionnements de la justice, rappelle l’une. Or, Outreau concerne un juge d’instruction, un dossier d’instruction et une cour d’assise. La fermeture de tribunaux n’a rien à voir avec ce qu’elle met en avant. » Une manifestante acquiesce : «  Supprimer des tribunaux, ce n’est pas la réforme ambitieuse dont a besoin la justice. » •
 

Retour