La Voix du Nord - Edition du jeudi 15 mai 2008

Les ministres de l’éducation : élèves ou disciples ?

Depuis l’été 2007, la « réforme Pécresse », c’est l’autonomie des universités. « Réforme Pécresse, vous savez, c’est vite dit… », rétorque la ministre concernée. Une manière de signifier que tout est dicté aux ministres ?

Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Son examen de passage : Mieux qu’à un secrétariat d’État, elle a eu droit à un ministère, signe que l’enseignement supérieur est une priorité du président, en butte à la fuite des cerveaux français vers l’étranger. Elle a fait voter la loi d’août 2007 sur les libertés et responsabilités des universités (LRU). Malgré l’hostilité sur les campus, la réforme, qui renforcera les pouvoirs des présidents d’université, a été concrétisée en trois mois.
Son bulletin scolaire : Les uns parlent d’un début de « privatisation » de l’université, les autres de verrous qui sautent enfin. Les universités ont cinq ans pour devenir autonomes. Soit un quinquennat avant de pouvoir juger de la réforme universitaire de fond promise par le chef de l’État.


Xavier Darcos, ministre de l’Éducation.
Son examen de passage : Son séjour rue de Grenelle est pimenté par le mouvement lycéen, qui dénonce depuis le mois de mars le manque de moyens. Avec l’annonce du recrutement de 1 500 assistants pédagogiques dans les 200 établissements les plus défavorisés, les lycéens se sont engagés à arrêter leur mouvement... après la manifestation d’aujourd’hui, où enseignants et parents d’élèves protesteront aussi contre la suppression de 11 200 postes dans l’Éducation nationale pour la rentrée 2008.
La journée sera aussi un nouveau test pour le service minimum d’accueil dans les écoles les jours de grève.
Son bulletin scolaire : Pas de quoi perturber Xavier Darcos, qui envisage déjà la réforme du lycée pour 2009. Le ministre veut créer un lycée « à la carte », avec un tronc commun articulé autour de grandes options, à la mode finlandaise,  • C. L.

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