La Voix du Nord - Edition du mercredi 21 mai 2008


 Sarkozy, an I : environnement et retraites

LE BILAN
Un an après la prise de fonctions (le 16 mai) du nouveau président, retour sur les promesses de campagne

Les mesures du Grenelle de l’environnement répondront-elles à l’urgence écologique ?
L’engagement du candidat Sarkozy avait frappé les esprits. Qu’en est-il un an plus tard ?

PAR YANNICK BOUCHER
Endireplus@lavoixdunord.fr
PHOTOS VDN


Elle est sortie en rage du ministère de l’Écologie après avoir passé « un savon » à Nicolas Hulot.Ce jeudi matin du 27 octobre, il incarne, le « manque de tonus des grandes associations » à la table ronde finale du Grenelle de l’environnement.
Matinée houleuse donc pour Marie-Christine Blandin, sénatrice des Verts, aux commandes de l’atelier biodiversité. En quelques minutes, le lobby agricole avait tordu le cou au projet d’inscrire au plus vite, la réduction par moitié des pesticides en France.
Quelques mois plus tôt, c’était fin janvier 2007, le même Nicolas Hulot avait fait signer son pacte écologique par le candidat Sarkozy dans le grand amphi parisien du Quai-Branly. Surréaliste ! Le futur président avait concédé son éloignement de la culture écologiste (« Elle n’est pas de ma famille politique d’origine ») , sa « révolution écologique » devant se traduire par l’organisation exemplaire du Grenelle.

Bonnes intentions
Autant dire une production à grand spectacle, « un modèle de démocratie participative, avec tous les acteurs et les moyens de débattre », assure encore Marie-Christine Blandin. L’avis est unanime, partagé par Jean-François Caron, leader écologiste au conseil régional. « Plus rien ne sera comme avant, dit-il. Le projet d’autoroute A24 était déjà cuit mais il est devenu impossible après le Grenelle . » Les huit ateliers avaient abouti à 3 000 propositions. Réduites à quelques mesures phares, elles ont été traduites le 30 avril dans un projet de loi. À ce stade, les acteurs associatifs et une partie de la classe politique craignent un détricotage des belles annonces.
Les écologistes ? Satisfaits mais vigilants. Ils approuvent les ambitions : division par quatre des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050, rénovation énergétique avant fin 2020 de 800 000 logements sociaux, lancement de 2 000 km de TGV d’ici 2020 et de trois autoroutes ferroviaires, normes « basses consommations » dans les bâtiments neufs à horizon fin 2012 (fin 2010 pour les bâtiments publics et tertiaires) pour réduire les consommations de 40 % d’ici 2020, nouvelle taxe climat-énergie, taxe poids lourds dès 2011, création de trois parcs nationaux et de 20 000 hectares de zones humides, passage à 20 % des surfaces agricoles au biologique en 2020, etc.
Mais, sans parler des OGM (lire ci-contre) et du nucléaire, les écologistes déplorent un simple effet d’annonce contre les phosphates des lessives, contre les pesticides et pour l’agriculture bio ou la mise aux normes énergétiques des bâtiments existants. Ils regrettent un recul financier sur les tramways, l’absence de la taxe kérosène des avions et de la taxe sur l’énergie pour tous, etc. Du coup, « on ne voit rien sortir, c’est beaucoup de vent », tranche Emmanuel Cau, vice-président de Région à l’environnement.
Au-delà, le Grenelle ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. On pense à la réduction des moyens alloués aux acteurs associatifs et institutionnels, notamment dans les directions régionales de l’environnement (DIREN), les agents du ministère ayant même défilé à Paris en mars pour garantir leurs missions, une première...
Jusqu’à présent, la mise en place de l’écopastille depuis le 5 décembre semble être la seule mesure entrée en vigueur à la suite du Grenelle. Elle instaure un bonus pouvant aller jusqu’à 1 000 euros pour les véhicules les moins polluants. Mais elle est déjà contestée pour son financement et pour la prime à l’achat de voitures diesel qui émettent des particules dangereuses. •
 

Retour