La Voix du Nord - Edition du mercredi 14 mai 2008
LA POLÉMIQUE
La rétention de sûreté contestée.
C’est la surprise de l’année ! Une mesure jamais évoquée, jamais envisagée, au fil des discours du candidat, et qui est sortie du chapeau présidentiel un jour d’août 2007, quand Nicolas Sarkozy a reçu la famille du petit Enis, enlevé à Roubaix par le récidiviste Francis Evrard.
L’affaire Enis, c’était comme une provocation aux antiennes sécuritaires de Nicolas Sarkozy. Déjà condamné, à peine sorti de prison, Evrard a enlevé le gamin en pleine braderie, provoquant l’émoi de tout le pays, touché par le destin du garçonnet et un temps rassuré par la fin de l’histoire : Enis est vivant, Evrard arrêté au bout de quelques heures.
Alors, sur le perron de l’Elysée, le président parle à la première personne : « Je n’ai pas dit plus aucun pédophile dehors, j’ai dit que les délinquants sexuels ne sortiraient de prison qu’à deux conditions : l’exécution de leur peine et l’examen de chacun d’entre eux par un collège de médecins pour voir s’ils sont dangereux ou pas. » Suit l’annonce de la possibilité de placer en rétention ceux qui seront jugés dangereux. Elle suscite l’effarement et le Conseil constitutionnel la repousse aux calendes grecques. Le texte est quasiment inapplicable, mais l’annonce a fait son effet.



