La Voix du Nord - Edition WEB du jeudi 1er mai 2008
Le Paris SG privé de Coupe de la Ligue
Après près d'un mois d'instruction, la commission de discipline de la Ligue professionnelle de football (LFP) a rendu son verdict dans l'affaire de la banderole anti ch'tis de la finale de la Coupe de la Ligue. La saison prochaine, le Paris SG qui a été jugé responsable des agissements de ses supporters ne sera pas autorisé à disputer cette épreuve. Une peine de moyenne envergure comparée à d'éventuels retrait de points en championnat, mais qui aux yeux de Jacques Riolacci, le président de la commission de discipline, se justifie pleinement.
« Forcément, les gens vont faire des comparaisons avec les affaires du FC Metz (Ouaddou) et du SEC Bastia (Kébé). Mais les affaires sont différentes et les cas de figure ne sont pas les mêmes. Le retrait de points ne s'imposait pas conformément aux prescriptions de la FIFA (Fédération internationale de football). Celle-ci stipule en effet que cette sanction ne peut être appliquée que lorsque une connotation raciste est établie. Or, la commission n'a pas trouvé dans la banderole les éléments purement racistes qui auraient pu conduire à enlever des points au Paris SG. Mais il est incontestable que s'en prendre à une population qui revendique une identité régionale peut s'apparenter à une forme de xénophobie. Racisme, xénophobie... Il y a une différence subtile entre les deux. Cette connotation raciste, nous ne l'avons pas trouvée. Je rappellerai que le procureur de Bobigny en charge du dossier a basé sa réflexion sur "une incitation à la haine et à la violence". Voilà pourquoi nous n'avons pas suivi le même sillon que dans les dossiers bastiais et messin.»
Jacques Riolacci rappelle cependant que « la responsabilité du Paris SG est engagée dans la mesure où toutes les enquêtes ont révélé que l'action de préparation de la banderole était préméditée. Ce n'était pas un acte spontané. Et les auteurs de cette banderole ont bénéficié des locaux du Parc des Princes pour parvenir à leurs fins. Il y a eu de la part du Paris SG de la complaisance,une certaine forme de complicité et en tout cas des négligences. Nous avons donc le sentiment d'avoir pris une décision qui a son poids ».
Jacques Riolacci réfute par ailleurs toute idée selon laquelle la commission aurait voulu «protéger» le club parisien, actuellement en grande difficulté en Ligue 1, en ne lui infligeant pas de sanctions arithmétiques : «C'est un élément qui n'est jamais intervenu dans la discussion».
A Paris, par Pierre DIEVAL



