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La Voix du Nord - Edition du dimanche 18 mars 2007


« Des généralistes mieux répartis »

Le docteur Didier D. de Saint-Pol-sur-Mer, propose de prendre exemple sur l’Angleterre : « Les médecins généralistes français sont mal répartis. Ils sont aussi mal utilisés ; un médecin généraliste travaille souvent seul, et même lorsqu’ils exercent en groupe, les médecins généralistes travaillent individuellement avec, la plupart du temps, une simple prise en charge des appels téléphoniques. Dans un cabinet de soins primaires en Europe du Nord, notamment en Angleterre, 30 personnes travaillent et épaulent 5 ou 6 généralistes. Les médecins ne font que de la médecine. En France, le médecin passe au moins 50 % de son temps à autre chose que de la médecine. Pourquoi un médecin hospitalier a-t-il la possibilité de travailler avec des secrétaires, psychologues, diététiciennes, infirmières… Et pourquoi des médecins généralistes (ville ou campagne) ne pourraient bénéficier des mêmes organisations ? Comme dans les pays d’Europe du Nord.
Ne pensez-vous pas qu’une telle organisation améliorerait nettement le nombre de prises en charges quotidiennes et considérablement la qualité des soins, notamment au travers de la prévention et de l’éducation ?
 » Il propose aussi de redéfinir les rôles et les champs d’activité de la ville et de l’hôpital : « Une étude a démontré qu’un accueil aux urgences coûtait en moyenne 240 euros et en ambulatoire un peu plus de 40 euros ! Est-il de la fonction de l’hôpital d’accueillir le tout-venant ?.. » « Redéfinir les champs d’activité, et développer une réelle coordination (…), faisant fi des intérêts catégoriels. Cela appelle à une grande réforme de la santé qui réorganise ensemble et dans le même temps la médecine de ville et l’hospitalier dans l’intérêt public et non dans l’intérêt de l’un ou de l’autre ou de l’un contre l’autre. Qui sera capable d’enclencher cette démarche courageuse ? » 

 

« Réguler les urgences »

Le docteur Pierre G. de Roubaix a lu « avec intérêt » le dossier santé, et revient sur la prise en charge des enfants : « L’immense majorité des enfants sont soignés, en ville, par les spécialistes en médecine générale. Ceux-ci ont besoin, pour les enfants comme pour les autres patients, de se référer à d’autres spécialistes, en l’occurrence les pédiatres, hautement qualifiés quand un problème de diagnostic ou de traitement se pose. » Ce qui ne l’empêche pas de penser que « la pénurie de pédiatres est en outre très préjudiciable à l’état sanitaire de notre région  ».
Mais pour lui, le problème du manque de pédiatres ne doit pas être lié à l’activité importante des urgences pédiatriques. « Celle-ci est provoquée, explique-t-il, essentiellement par le statut des urgences hospitalières qui travaillent à “guichet ouvert”, sans aucune régulation en amont… La solution est celle qui est imposée par la loi aux médecins libéraux, c’est-à-dire la sélection médicalisée des patients qui relèvent véritablement de l’urgence. Il existe dans le Nord et le Pas-de-Calais des services de régulation téléphonique, financés par l’assurance maladie, qui gèrent les urgences non vitales au côté des SAMU - Centre 15. Il serait facile d’étendre leur compétence à la gestion des urgences hospitalières. » •


 

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