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La Voix du Nord - Edition du dimanche 18 mars 2007


Vous ne comptez pas baisser les bras (7)

Si l’état sanitaire de la région est loin d’être satisfaisant, vous êtes nombreux, comme nous, à ne   pas vous résigner.

« Merci pour vos enquêtes qui font réfléchir et agir »… Vous êtes nombreux, comme Mireille, à avoir apprécié l’enquête santé parue toute cette semaine… Et nombreux à vouloir agir, proposer des solutions. Voici une sélection parmi les courriers que nous avons reçus…
 >  « Former plus d’étudiants en médecine ». –
Laura H., de Marcq-en-Baroeul, vous soignera-t-elle dans dix ans  ? Celle qui espère bien pouvoir finir ses études de médecine s’interroge : « Pourquoi ne pas augmenter (considérablement et non au compte-gouttes) le numerus clausus ? » Elle évoque son parcours : « Je suis actuellement en première année de médecine et je travaille dur chaque jour pour essayer d’être dans les 400 élèves (sur 2 500) qui atteindront la deuxième année. Au vu des résultats des premiers examens, je ferai certainement partie… des très bons élèves mais recalés ! C’est un véritable gâchis pour tout le monde… En attendant, on fait venir des médecins des autres pays… »
 > « Trop à payer de notre poche ». –
Michel G. regrette des dépenses excessives. « Je lis qu’un habitant sur deux ne consulte pas. Je vous donne, à titre d’exemple, une des causes : mon épouse a été hospitalisée une demi-journée en janvier pour un examen médical. À sa sortie, elle a dû laisser un chèque de 60 E (dépassement d’honoraires), non remboursés par la Sécu et les mutuelles. En février, elle passe une échographie… 118 E, dont 40 E sont de notre poche. La médecine à deux vitesses, nous y sommes, celle des pauvres et celle des riches. »  
> « Un mois pour une IRM à Arras ». –
Danièle B. regrette les délais d’attente et souligne le faible « niveau d’équipements en scanners et IRM nouvelle génération dans la région ». « Est-il normal d’attendre un mois pour obtenir un rendez-vous pour une IRM à Arras ? », se demande-t-elle. « Alors qu’on dépense des sommes folles pour des équipements inutiles pour la santé et qui auraient pu attendre et passer après les équipements lourds médicaux (Internet dans les chambres par exemple). » Un petit mot au passage de remerciement pour « l’enquête très intéressante ».
 > « L’alcool, un fléau : il faut le dire aux jeunes ». – Mireille B., de Lambersart, préconise avant tout « une prévention active sur la population des enfants et des jeunes ». « Le mauvais état de santé est la conséquence de l’abus d’alcool, de tabac et de la tradition alimentaire », dit-elle. « Si une information ciblée est faite dans les écoles, les collèges, les lycées, et même dans les facs et les grandes écoles de la région, pense-t-elle, il est possible d’atteindre la conscience des enfants et des jeunes qui eux-mêmes pourront atteindre celles de leurs parents. » Elle préconise des actions ciblées : « Pour les jeunes enfants, non pas des cours de morale, mais des dessins animés avec des héros auxquels ils pourront s’identifier. Pour les enfants, des BD et aussi des vidéos sous forme de DVD qu’il serait possible de leur prêter pour être visionnées chez les parents.
Pour les jeunes des jeux vidéo avec des cibles à atteindre, des défis à relever. Mais aussi moins d’incitations : interdire les “open bars” où il est possible de boire sans limite des boissons fortement alcoolisées.
 » Et pour finir quelques mots de félicitations : « Merci pour vos enquêtes qui font réfléchir et réagir. »
 > « Si vous n’avez pas d’antécédents familiaux, c’est inutile ». –
Pour Thérèse D., on oublie trop souvent que « la prévention permettra de réelles économies ». « Ma fille, qui vient de fêter son quarantième anniversaire, a demandé à sa gynécologue s’il n’était pas temps de faire une première mammographie. Réponse du médecin : si vous n’avez pas d’antécédents familiaux, c’est inutile. Dans dix ans, vous serez convoquée automatiquement pour un examen gratuit. D’ici là, l’auto-palpation est suffisante… C’est pourtant la prévention qui permettra de réelles économies ! »
 > « Manque de spécialistes… un paradoxe ». –
Pour Patrick B., d’Ambleteuse, « il manque de psychiatres, un paradoxe dans une région confrontée aux problèmes du chômage ». Il confirme le manque de spécialistes et évoque la situation de Boulogne-sur-Mer où y a un manque total de psy : « La plupart sont partis, si bien que ceux qui restent sont tout à fait saturés de travail. Un tel manque dans une discipline si importante pour répondre aux problèmes de chômage, de suicides, etc., me semble préjudiciable…  »  
> « La médecine à deux vitesses… une réalité de demain ». –
Marcel H., d’Avesnes, est pessimiste sur l’avenir de la médecine : « Je ne vois pas de solutions durables, pour une région en partie délaissée par les acteurs politiques et économiques… Si les médecins généralistes ne souhaitent plus s’installer dans nos campagnes, il y aura des créations de cabinets médicaux non conventionnés, qui oeuvreront avec l’appui de médecins étrangers, acceptant de travailler à des conditions inférieures à nos praticiens. La médecine a deux vitesses, n’est plus un danger à terme, mais une réalité de demain. »  
> « Un minimum d’années au service de la région qui les a formés ». –
F. D. de Dunkerque préconise de retenir les étudiants formés à Lille : « Pourquoi continuer à former des médecins au CHU de Lille, si, dès le terme de leur formation, ils s’empressent de quitter la région. Ne devraient-ils pas assurer un minimum d’années au service de la région qui les a formés ? »
 > « De grosses demandes non comblées ». –
Le docteur Pierre Colinet confirme les propos du doyen de la faculté de médecine : « Il y a une fuite des internes dans d’autres régions car il manque dans la région de postes pour poursuivre la spécialisation.
 » Praticien hospitalier, il n’hésite pas à évoquer les problèmes du secteur libéral (moyenne d’âge 55 ans) où il y a « de grosses demandes… non comblées ». Il pense que l’avenir est, pour attirer les jeunes, aux « grosses structures qui permettent une meilleure répartition des charges de travail, notamment les gardes ».  •
 

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